‹ De la méthode d'observationChapitre 68 sur 195 · CHAPITRE Xïl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xïl

OLE LES FAITS DOIVENT RESTER DISTINCTS AUSSI BIEN QUE LES SCIENCES OL'I.EN DÉCOULENT.

Les faits humains se rattachent tous, sans doute, comme nous l'avons montré ci-dessus, les uns aux autres , par cela seul qu'ils sont humains , et les sciences qui s'édifient sur leur ensemble sont toutes jusqu'à un certain point connexes. Néanmoins, il faut faire à chacune son domaine à part, et l'on ne gagne rien à confondre les diverses catégories de faits ; l'observation devient ainsi plus difficile et les inductions risquent d'avoir moins de rigueur. Cette disposition à faire pour ainsi dire, de la science qu'on cultive, la science universelle, nous paraît peu judicieuse. Poiu* tel écrivain, il n'y aura point de notion scientifique qui ne rentre dans la philosophie. Tel autre voudra que la législation, d'après Ulpien,qui nous dit qu'elle

est divinarum atque humanarum 7iotitiay embrasse toutes les connaissances que l'homme peut acquérir par l'usage de la raison * (XVI), et quant à la morale, il est d'usage qu'on la mêle à tout. Il est assurément très-vrai que la philosophie, la législation, la politique et l'économie politique ont de nombreux rapports avec la morale, mais un examen attentif montre que les applications qu'on en fait à la plupart des questions qui dépendent de ces autres sciences manquent en. général de justesse. Les bases diffèrent et le but n'est pas le même ; c'est ainsi, par exemple, que les efforts pour identifier en quelque façon la morale avec la politique ont donné lieu à un nombre incalculable d'écrits où reviennent toujours ces deux thèses contraires : d'une part, que la morale est le fondement essentiel de la politique, de l'autre, que la politique n'est qu'à l'état de vaine utopie, quand on veut la faire reposer sur la morale. Qu'attendre de ce débat qui ne dure que depuis Platon ? Un des derniers écrivains qui aient abordé cette question , M. Paul Janet, dans son beau travail sur X histoire de la philosophie politique et morale'^ ^ ne pouvait pas être plus heureux que ses devanciers. Il avoue « que le point juste et précis des rapports de la politique avec

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