‹ De la méthode d'observationChapitre 71 sur 195 · CHAPITRE XII i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII i

saient jamais la paix de bonne foi, et que dans le dessein d'envahir tout, leurs traités n'étaient proprement que des suspensions de guerre , ils y mettaient des conditions qui commençaient toujours la ruine de ceux qui les acceptaient *.

Les princes qui ont fondé cette grande unité française, qui a tant fait et tant fera pour la civilisation humaine, avaient certainement en général la vérité poUtique pour eux ; mais la vérité morale ne fut pas toujours, convenons-en, de leur côté; non qu'il s'agisse d'approuver, répétons-le, ces fouri)eries . indignes, imaginées pour déguiser l'injustice et la violence qui ont été si souvent pratiquées en diplomatie, dans rinde anglaise, par exemple, pour dépouiller les gouvernements locaux. De tels procédés, recouverts parfois de formules hypocrites, sont odieux à tous les honnêtes gens; nous parlons de ceux qu'on admet dans les relations internationales et contre lesquels nul ne réclame. L'esprit de dissimulation, de mensonge même qu'apportera dans l'accomplissement de sa mission, d'après ses instructions écrites, souvent curieuses à lire de ce point de vue, tel ambassadeur, lui feraient perdre l'estime de tous, comme homme privé, et toutefois pour personne son caractère moral n'en est entaché.

i. Grandeur et Décadence, chap. vi.

Que dire de ces thèses du droit des gens que posent les auteurs, qu'on peut tuer et piller son ennemi, sans miséricorde, lui faire tout le mal possible^ et que c'est un point douteux de savoir si l'on est tenu (les . avis sont partagés à cet égard) de respecter sa femme ou sa fille ? Grotius' ne se croit point immoral quand il discute avec gravité ces thèses, entassant les citations et arrivant en conclusion des principes à des solutions rigoureuses que réprouve heureusement cet esprit de la civilisation chrétienne, dont l'influence sur notre société moderne croît de jour en jour en étendue et en puissance, et fait insensiblement un nouveau droit international.

Insistons par l'examen de quelques faits importants sur la distinction très-grave que nous voulons établir et à laquelle nous entendons bien qu'on donne sa juste portée, sans aller jusqu'à une interprétation qui dénaturerait complètement notre pensée.

Henri IV est devant Paris qui plutôt que d'ouvrir ses portes à un roi hérétique préfère endurer toutes les horreurs de la famine. Autour de lui, chacun reconnaît que s'il faisait profession de catholicisme, cette affreuse guerre civile qui dévore le pays et a un instant compromis son indépendance cesserait sur-le-champ,

4. Du Droit de la paix et de la guerre , trad. par Barbeyrac, in-4% t. IL

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