CHAPITRE XII. lOf
que les maux de la France seraient finis. Bien pénétré lui-même de ceci que tel est en effet l'état des choses, il consent enfin à se faire instruire et abjure. Assurément, si X homme ici, comme on a pu le soupçonner, a menti à sa conscience, s'il a publiquement affirmé une croyance à laquelle il n'adhérait pas au fond, la morale le condamne; mais qui donc osera blâmer le jrrince^ désireux de mettre un terme à tant de calamités, et d'ouvrir un des plus beaux règnes que présentent les annales des nations ? Que Dieu juge le fait moral ; mais le fait politique obtiendra un assentiment universel.
Un siècle après, en Angleterre, Jacques II a ouvertement manifesté l'intention de rétablir le catholicisme sur son ancien pied; l'Église anglicane à laquelle se rattache la grande majorité des populations est compromise; les lois qui la constituent sont violées. Tous les vœux se tournent alors vers Guillaume, le Stathouder des Provinces-Unies, vers la princesse Marie, sa femme, fille de Jacques, tous deux protestants zélés. Guillaume passe en Angleterre avec une petite armée, et rapidement, presque sans coup férir, la révolution s'accomplit, Jacques II est renversé. Guillaume et Marie, en montant sur le trône, ont-ils la prétention d'avoir rempli leurs devoirs de fille et de gendre, d'avoir respecté les droits d'un frère, car un
héritier est récemment né à Jacques ? Non, sans doute; mais ils ont brisé un joug tyrannique, consolidé la religion à laquelle ils sont attachés, consommé une révolution qui ouvre pour le royaume britannique une ère de grandeur et de prospérité sans égale. Que la mémoire de ces illustres princes soit en paix!
Dans les colonies anglaises d'Amérique, enfin, ont éclaté des troubles, vers la fin du dix-huitième siècle. Un ministère imprudent s'est refusé à toute concession à l'égard de ces établissements devenus riches et puissants. On court aux armes. Washington est chef de milice dans la Virginie. Que fera-t-il ? Indubitablement un lien sacré unit les colonies à la mère patrie, et le serment d'allégeance obligé les citoyens envers la couronne; la combattre, c'est acte de félonie; (XVII), beaucoup le pensent autour de lui, et croient devoir rester fidèles au gouvernement malgré ses torts; mais lui, jette un regard profond sur ces colonies. Il comprend que le moment est venu pour elles de s'affranchir de la domination transatlantique, et que si l'occasion n'est pas saisie, c'est un régime d'affreuse oppression qui va triompher. Il se prononce pour la cause de l'indépendance et concourt à la fondation d'un vaste empire. Qui n'oublie, en considérant cet immense événement, qu'il y eut un moment où ce grand homme dut violer les règles sur lesqiielles