‹ De la méthode d'observationChapitre 74 sur 195 · Be<wmarchoi& et son temps, 2 vol. in · texte numérisé non relu

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liO DE LA MÉTHODE D'OBSERVATION .

bœuf, qui trouvèrent également la mort dans leur entreprise.

Ces considérations placent, nous le croyons, dans leur jour véritable certains actes que présentent les révolutions, et qui deviennent l'objet d'appréciations si diverses, nous voulons parler de ce qu'on appelle les coups dÈtat, qui changent brusquement la situation politique d'un pays. Nous abordons ce point sans embarras. Quand une révolution a éclaté, il y a lieu de se demander si l'ordre légal qu'elle a amené, en est bien réellement un, ou s'il n'en a que l'apparence et ne renferme aucune chance de stabilité. Toute la question est là : s'il n'y a point un véritable ordre légal, entre ceux qui l'attaquent et ceux qui le défendent, vous trouverez des vainqueurs et des vaincus ; et dans ceuxci des victimes, non des coupables. Ainsi, l'ordre légal fut renversé en France au 1 août, et plus d'une année s'écoula avant que la Convention nationale pût songer à le rétablir. Il ne faut pas cliercher la légalité dans cette période de luttes sanglantes. Ou était-elle entre la Gironde et la Montagne ? L'organisation républicaine de l'an^III elle-même fut plutôt une tentative qu'une réalisation véritable d'ordre légal. La société, en effet, ne put être alors protégée contre le choc des partis, contre ces crises fatales où tout périt ; quand les garanties sont nulles pour elle , quand elle est profon-

GfiAPITIlE XII. ill

dément inquiète, quand elle se sent menacée d'une subversion prochaine, alors surgit une volonté puissante et libératrice qui change en un tQur demain l'organisation politique, fonde un véritable ordre légal, qu'accepte avec acclamation la nation reconnaissante, et contre lequel protestent seuls quelques esprits isolés, au nom de théories dont les masses ne s'inquiètent guère. Telle avait été au dix-septième siècle l'œuvre de Cromwell, en Angleterre. Telle fut, à la fin du dix-huitième, en France celle de Napoléon, dans cette journée du dix-huit brumaire, qui ouvrit, pour notre pays, une ère de gloire et de bonheur publics, dont la mémoire grandira toujours dans l'estime de la postérité. On entendra, à la vérité, ça et là tel de ces défenseurs obstinés des principes appeler du nom de crime cette journée célèbre. Ainsi, les membres des conseils qui aidèrent Napoléon à l'accomplir, furent aussi bien que lui de grands coupables; mais les mêmes personnes n'useront plus de ces termes accusateurs, s'il s'agit de crises toutes semblables, mais où paraît intervenir la puissance populaire. Les meneurs du 1 août, par exemple, deviendront des héros de la liberté. La contradiction est-elle assez frappante? Vous flétrissez un acte qui a tout sauvé, et qui a été salué par d'universelles acclamations, et vous en honorez un autre qui a tout perdu, et qui fut accueilli, les

contemporains en font foi, par un sentiment profond et général de consternation ( XVIII ).

Disons donc que l'atteinte à un véritable ordre légal est criminelle, non celle à un état de choses qui n'en porte point les caractères. De jour en jour, l'expérience rendra la distinction plus facile. Déjà même on peut dire que la société, dans sa masse, ne s'y trompe guère ; elle a, on Ta bien vu, un sûr instinct qui l'avertit à cet égard, et lui fait discerner avec certitude, parmi les machinations, les intrigues des partis qui la perdraient, le coup d'État décisif qui doit la sauver. Ce sentiment vrai des circonstances qui manque souvent aux plus habiles, lui fait rarement défaut à cet égard.

On reconnaît ainsi comment la confusion de la politique et de la morale n'est bien souvent qu'un texte de réflexions banales et vaines. Nous ne dirons donc pas, ne craignons pas de le répéter, que la fin justifie les moyens dans la direction politique, que le succès est tout et que la morahté n'est rien. A Dieu ne plaise! les faits bien étudiés ne mènent pas à de telles conclusions. Nous disons simplement que la politique n'est pas la morale, que le devoir moral se sépare parfois du devoir politique. On prend pour base en cette matière les règles de la morale privée, faute de ces règles de la morale politique que l'observation fera découvrir, d'où il résultera qu'il n'y aura plus deux

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