‹ De la méthode dans les sciencesChapitre 12 sur 63 · L. BLARINGHEM · texte numérisé non relu

L. BLARINGHEM

L'influence de Linné, quoique profonde, fut contrebalancée durant tout le XVIIIe siècle par celle des naturalistes physiciens, nourris des idées de Newton et de Leibnitz, à qui revient l'honneur d'avoir préparé l'esprit humain aux études biologiques.

Dès 1671, Malpighi avait donné une explication suffisante des mouvements des liquides dans les végétaux et fourni une distinction exacte entre la sève brute et la sève élaborée. Stephen Haies, en 1727, fit de ces recherches les éléments d'une véritable science, la Statique des végétaux : il détermina par la balance les échanges entre les organes, il mesura la rapidité de déplacement de la sève, la force de succion des racines, la pression des liquides à l'intérieur des organes; ayant effectué des séries de mesures, il montra que les mêmes mouvements pouvaient s'observer dans les corps poreux inorganisés ; ses observations, plus justes que celles de Ray, ont préparé l'étude de la capillarité qui fait partie de la Physique depuis plus d'un siècle.

D'autre part, Mariotte, que ses travaux sur les gaz ont rendu célèbre parmi les physiciens du XVIIe siècle, paraît avoir inauguré brillamment les recherches de chimie végétale; il démontra, par exemple, que les substances constitutives de la sève sont les mêmes pour tous les végétaux :

tous les autres végétaux (Hépatiques, Lichens, Myxomycètes), sauf pour les Champignons, les Algues unicellulaires, les Algues conjuguées et les Mousses proprement dites dont l'étude ne s'est développée qu'au xix° siècle.

BOTANIQUE

« Prenez un pot, dit-il1, qui contienne de sept à huit livres de terre ; semez~y n'importe quelle plante; elle trouvera dans cette terre et dans l'eau de pluie qui y pénètre tous les principes dont elle se compose lorsqu'elle a atteint son complet développement. On peut semer dans cette terre trois ou quatre mille espèces végétales ; si les sels, les huiles, les matières terreuses dont se compose chaque espèce végétale étaient de nature différente, tous ces principes devraient se trouver réunis dans la petite quantité de terre dont nous avons parlé plus haut et dans l'eau de pluie qui arrose cette terre durant trois ou quatre mois, ce qui est impossible. »

Duhamel du Monceau, Guettard, de Saussure, Priestley continuèrent l'œuvre de Haies et de Mariotte ; l'étude des minéraux et celle des êtres vivants furent pendant un demi-siècle parallèles et simultanées, jusqu'à ce que la découverte, en chimie, des corps simples par Lavoisier ait déterminé une séparation, plus factice que réelle, entre chimistes et physiologistes.

Ingen-Houss, Sénebier et de Saussure (1804) établirent par des pesées le rôle réservé aux feuilles vertes de fixer du carbone et de l'oxygène; A. P. de Candolle et Dutrochet déterminèrent avec beaucoup de précision la limite entre les phénomènes de la respiration et de l'assimilation chlorophyllienne. Dutrochet mit en évidence les effets mécaniques de l'endosmose (1837) ; il expliqua ainsila turgescence et la croissance des végétaux par des lois physiques, mais

1. Sur le sujet des plantes, lettre datée de 1679, d'après Sachs, .Histoire de la. Botanique, p. 479.

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