‹ De la méthode dans les sciencesChapitre 16 sur 63 · L. BLARINGHEM · texte numérisé non relu

L. BLARINGHEM

perfection qui n'a guère été dépassé depuis. M. Van Tieghem a attiré mon attention sur un ouvrage rare et trop peu connu, le Carpologia de J. Gaertner, résultat de cinquante années de dissection des fruits ; paru la même année (1789) que le Gênera plantarum d'A. de Jussieu, il contribua autant que cet ouvrage au perfectionnement de la méthode naturelle et à l'abandon du Système de Linné; il semble même que la Carpologie de Gaertner ait été une œuvre modèle, rarement égalée, pour tous les savants qui s'occupèrent, à partir de cette époque, de la description des organes des plantes.

Grew et Malpighi avaient fait une tentative malheureuse d'analyse des organes par l'étude des éléments plus petits qui les constituent; leurs instruments n'étaient pas assez perfectionnés pour l'étude de la cellule et de ses modifications. La discussion des analogies et des différences entre les organes, la recherche de l'importance relative des parties entraîna les botanistes à la description comparée des tiges, des feuilles, des fleurs; la morphologie comparée retarda d'un siècle l'apparition des travaux d'anatomie. Duhamel et Sénébier, Turpin et A.-P. de Candolle contribuèrent beaucoup à faire de l'Organographie une science perfectionnée, mais le mouvement fut nettement dirigé par A. de Jussieu;à l'étude des subdivisions et au groupement des individus en espèces, en genres, en classes, ces savants substituèrent la recherche de définitions précises de la feuille, de la racine, de la tige et des parties composant les fleurs ; ils déterminèrent ensuite l'importance relative de ces parties.

Les différents organes sont plus ou moins géné-

BOTANIQUE

raux ; le tissu cellulaire est commun à tous les êtres; les vaisseaux, les tissus de réserves sont moins répandus ; les feuilles (organes symétriques par rapport à un plan) s'observent sur toutes les Mousses dont quelques-unes ne possèdent point de tige (organe symétrique par rapport à un axe). Parmi les plantes ayant des feuilles, des racines et des tiges, on distinguait déjà celles qui avaient des fleurs de celles qui n'en avaient pas ; la règle de fréquence fut utilisée pour établir la subordination des organes végétatifs, feuilles, tiges, racines et, pour les organes reproducteurs, la subordination des parties de la fleur, étamines et pistil, calice, corolle, nectaires, bractées et involucres. Peu à peu, on fut conduit à ramener les organes à deux types, les axes et les feuilles. Les cotylédons ou feuilles séminales, les feuilles primordiales, les feuilles proprement dites, les bractées des grappes florales, les sépales, les pétales, les étamines et les carpelles sont des éléments équivalents qui correspondent à l'épanouissement vers l'extérieur et dans un plan d'un ou de quelques faisceaux vasculaires des tiges.

La conception la plus remarquable dans ce domaine est due à l'illustre poète et philosophe allemand, Jean-Wolfgang Gœthe. Sa. Métamorphose des plantes parue en 1790, est à la fois une œuvre d'Organographie végétale remarquable et une des plus belles applications du principe de continuité qui guida les philosophes mathématiciens et physiciens du XVIIIe siècle.

Gœthe présente l'exposé de la métamorphose des plantes en ces termes : « Tout homme, pour peu qu'il ait suivi quelques plantes dans leur

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