L. BLAR1NGHEM
accroissement, doit avoir observé que certains organes, situés à l'extérieur, se métamorphosent et revêtent en tout ou en partie la forme des organes voisins » ; il examine et discute ensuite de nombreux exemples de « la liaison secrète qui unit les feuilles, le calice, la corolle, les étamines, appendices de la plante qui se développent l'un après l'autre et pour ainsi dire l'un de T autre. »
L'influence de Goethe fut profonde et durable ; complétant par ses recherches sur les végétaux le but de ses dissections d'animaux, il réussit à établir que « l'être vivant n'est pas une unité, mais une pluralité » , que la forme est une réunion d'êtres plus ou moins indépendants, identiques au fond, semblables parfois, mais souvent différents en apparence ; ces éléments se séparent, se rencontrent, se réunissent et donnent une multiplicité d'aspects et dégroupements : « Plus l'être devient parfait, et plus les parties sont dissemblables. Dans le premier cas, le tout ressemble à la partie ; dans le second cas, c'est l'inverse ; plus les parties sont semblables, moins elles sont subordonnées les unes aux autres ; la subordination des organes indique une créature d'un ordre élevé. » (1807). Ne trouve-t-on pas dans cette phrase de Goethe les arguments suffisants pour expliquer l'évolution de toutes les formes vivantes ?
Le principe des analogies ayant été mis en relief par Gœthe, on chercha à appliquer le principe de causalité, et tout l'effort des botanistes, je dirai même des naturalistes du début du XIXe siècle, a été orienté vers l'étude des lois mécaniques de la forme, des règles de la distribution et de la corrélation des parties.
BOTANIQUE
Gœthe a donné à sa théorie de la Métamorphose un sens figuré ; il n'a point cherché à établir que telle forme foliaire était primordiale et avait donné naissance à toutes les autres; il n'a point montré qu'avec la feuille ou des organes analogues à la feuille on pouvait expliquer toutes les manifestations végétales ; ce fut l'œuvre de Gaudichaud (1835) dont la Théorie des phytons eut à une certaine époque un grand succès.
Pour Gaudichaud, les tiges sont des organes composés d'éléments nombreux, les bourgeons, identiques au fond, variables dans leur forme, superposés ou greffés les uns sur les autres selon certaines règles d'agencement. Le bourgeon simple (ou phyton simple) est compoàé d'une tigelle, d'un pétiole, d'un limbe et parfois d'une radicule; c'est l'embryon des Monocotylédones, et, dans ce groupe de végétaux supérieurs, tous les phytons, emboîtés les uns dans les autres, restent parfaitement semblables entre eux et conservent même leur indépendance. Les Dicotylédones dérivent de l'association de phytons doubles, composés en principe de deux individus simples dont les parties se combinent plus ou moins complètement. Cette théorie résume les travaux d'anatomie végétale de Turpin et de Robert duPetit-Thouars; elle va nous faciliter l'exposé des règles de la Symétrie végétale établies par À. -P. de Candolle et complétées ensuite par les travaux d'A. Braun et F. Schimper, en Allemagne, des minéralogistes L. et A. Bravais, en France.
De Candolle a terminé son remarquable Traité