L. BLARINGHEM
tant les divers systèmes cristallins. Payer (1858), M. Van Tieghem (1875), parleurs travaux d'embryogénie et d'anatomie, ont beaucoup fait, avec Eichler (1876-78), pour mettre en relief les applications de la formule générale :
Fleur — m Sépales + n Pétales -\- p Étamines + p' Étamines + q Carpelles.
Pour la plupart des Monocotylédones, m = n = p = p' — q = 3; pour un grand nombre de Dicotylédones, m = n = p = p! = q = 5 ; le chiffre 4 caractérise le groupe des Bruyères et des Rhododendrons, le chiffre 2, quelques types isolés (Noyers, Eriocaulon).
Les déviations à la règle de répartition symétrique des organes floraux s'expliquent presque toujours par des avortements partiels ou complets de verticilles. Les Iridées ont le diagramme floral des Monocotylédones, où il faut supprimer les étamines internes (p' — 0) ; en cultivant en lignée pure les descendants d'une fleur anormale à' Iris paîlida, Heinricher a obtenu une lignée d'Iris à 6 étamines (/. pallida abavia) dont le diagramme est celui des Liliacées.
La discussion des modes ou types d'organisation florale conduit donc directement à l'étude de la parenté des espèces et du mécanisme de la descendance.
Vers 1838, le botaniste allemand Schleiden a donné une orientation nouvelle aux travaux de morphologie végétale en affirmant que tous les organes des plantes sont formés et dérivent de cellules. C'est à ce savant qu'il faut faire remon-
BOTANIQUE
ter l'histoire des découvertes relatives à l'organisation cellulaire des végétaux.
On savait depuis Grew et Malpighi (1675) que le squelette des plantes est constitué par l'agencement de petites loges et de tubes ou trachées servant de vaisseaux conducteurs de la sève. Au début du XIXe siècle; Brisseau deMirbel (1802) et Treviranus (1806) soutinrent avec force l'idée que toute l'organisation végétale peut s'expliquer par la formation de cavités (utricules) de dimensions restreintes et de formes différentes dans une masse homogène fondamentale. Hugo von Mohl (1830), par des investigations minutieuses et grâce à l'emploi de microscopes puissants, réussit à démontrer que les vaisseaux eux-mêmes sont des modifications d'utricules plus ou moins allongées, disposées en files, dont Tépaississement, ainsi que la transformation en tubes, est secondaire. L'unité anatomiquedes végétaux est donc, à partir de cette époque, Yutricule, c'est-à-dire la membrane cellulaire fermée et solide, entourant une masse liquide ou gazeuse, arrondie ou polyédrique ; ses principales modifications sont encore désignées par les termes de parenchymes, de tissus fibreux, de tissus ligneux et de tissus vasculaires.
Schleiden attira, au contraire, l'attention de ses contemporains sur le contenu cellulaire et il esquissa, dans sa Contribution à la Phytogénèse (1838), une théorie générale de la structure des végétaux bien voisine de celle qui est adoptée actuellement. « Il existe, dit-il, deux endroits qui se prêtent particulièrement à la formation de nouveaux organes, ce sont le sac embryonnaire et l'extrémité du boyau pollinique. » Il faisait