‹ De la méthode dans les sciencesChapitre 21 sur 63 · I. BLARINGUEM · texte numérisé non relu

I. BLARINGUEM

la structure particulière des plastides, des vacuoles, des éléments figurés du protoplasma et des noyaux. D'ailleurs, des problèmes analogues ont été soulevés dans ces dernières années pour les organismes supérieurs, animaux et végétaux, à propos de la sexualité et de la transmission héréditaire des caractères.

La notion de sexualité végétale ne s'imposait pas a priori et on a pu longtemps admettre un mode de multiplication des plantes différant delà reproduction animale : pourtant, la plupart des naturalistes contemporains de Linné étaient déjà convaincus de l'analogie des phénomènes de la fécondation dans les deux règnes : un siècle et demi de recherches a fourni la preuve que non seulement les manifestations extérieures, mais les caractères essentiels de la sexualité, sont identiques pour tous les êtres vivants.

Depuis Camérarius (1697) et Sébastien Vaillant (1717), les efforts des botanistes ont successivement établi le rôle fécondateur du pollen, la rareté de la parthénogenèse et, dans ces dernières années, l'équivalence des organes sexuels dans tous les groupes du règne végétal ; les excès qui se traduisent par la substitution des termes microspore et macrospore à ceux de pollen et de sac embryonnaire montrent la tendance des naturalistes actuels pour qui la sexualité consiste seulement en un dimorphisme préparatoire du stade œuf par lequel commencent tous les individus vivants. Les différences morphologiques qui séparent les Mousses des Prèles, des Fougères,

BOTANIQUE

des Gymnospermes et des Angiospermes ont disparu devant la découverte, dans chacun de ces groupes, de feuilles à microsporanges et de feuilles à macrosporanges. On a voulu étendre ce résultat aux Algues et aux Champignons; ici, il n'y a plus de feuilles, ni par conséquent d'organes modifiés en vue de la préparation des éléments sexuels ; mais on a trouvé dans le contenu des cellules sexuelles elles-mêmes des éléments groupés dont la répartition et la combinaison subissent des changements analogues à ceux que Ton observe dans les cellules sexuelles des Phanérogames pour la production de l'œuf.

L'origine de cette découverte se trouve dans la discussion d'une hypothèse provisoire concernant l'évolution et l'Hérédité, émise par Darwin en 1868 ; la théorie de Pangénèse n'a apporté aucun argument en faveur du Transformisme dont elle devait fournir l'explication, mais elle a conduit de Vries à découvrir les lois de l'osmose et Weissmann à énoncer la signification véritable et QfénéT raie du mot sexualité.

Pour rendre compte de nombreux cas d'atavisme et de variation de bourgeons chez les plantes, Darwin admit que le contenu de leurs cellules n'est pas homogène, qu'il se compose de petites granulations ou gemmules représentant les caractères morphologiques et physiologiques des individus, des espèces; dans la croissance des cellules, les gemmules vivent pour leur propre compte, elles se multiplient par division comme les cellules, et s'organisent ultérieurement, selon leur prépondérance dans telle ou telle cellule ou groupe de cellules, en caractères visibles ou latents, grâce à une affinité élective entre gem-

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