L. BLARINGIIEM
mules de même nature. Darwin admit aussi que les gemmules pouvaient sortir des cellules, et circuler librement dant l'organisme, qualité qui permettait d'expliquer facilement l'hérédité des caractères acquis ; mais tout ce que Ton savait de la cellule était contraire à cette migration, et cette objection, capitale pour Darwin, fit tomber immédiatement la Pangénèse en discrédit.
Cependant on découvrit successivement, dans le contenu cellulaire en apparence homogène, des éléments organisés et définis : le noyau décrit encore par Sachs (1874) comme une condensation du protoplasma, les corps chlorophylliens, les cristalloïdes, les grains d'amidon et d'aleurone, les cristaux d'oxalate de chaux et aussi les vacuoles. Naegeli essaya d'étouffer ces conceptions relatives à l'hétérogénéité du contenu cellulaire en imaginant les micelles (1845), éléments primaires équivalents qui se groupent de manières différentes et forment dans le protoplasma autant de groupes spéciaux qu'il y a de caractères ; ils sont baignés par un ensemble de micelles non groupés ayant seulement un rôle nutritif; d'où la conception de deux plasmas, l'idioplasma, renfermant l'ensemble des groupes de micelles orientés, et le plasma nutritif indifférencié, plus fluide et plus imbibé d'eau. On y reconnut les caractère du noyau, baigné par le protoplasme, et, à partir de cette époque, le noyau devient l'organe cellulaire par excellence, porteur des caractères héréditaires.
Los pangénes de Hugo de Vries diffèrent essentiellement des micelles en ce sens qu'il en existe autant qu'il y a de caractères et de qualités ; ils correspondent plutôt aux gemmules de
BOTANIQUE
Darwin, mais leur circulation se réduit à leur passage des noyaux dans le protoplasma ambiant sans sortir des cellules. Dans la Pangénèsc intracellulaire (1878), de Vries nous montre que tous les noyaux d'un individu, résultant de la division du noyau de la cellule œuf, doivent posséder en quantité égale les divers pangènes ; la différenciation d'une cellule correspond à la sortie de certains pangènes du noyau pour se répandre dans le protoplasma ambiant où ils peuvent se multiplier, s'accroître selon les circonstances plus ou moins favorables ; de leur nombre, grand ou faible, dépend l'activité ou la latence des caractères. Comme preuves, de Vries établit, par des expériences remarquables, que tous les organes cellulaires, les noyaux, les leucites, les vacuoles proviennent sans exceptions de la division de noyaux, de leucites, de vacuoles préexistants dans la cellule.
L'important ouvrage de Strasburger sur La formation et la division des cellules, paru en 1876, inaugura une série de progrès dans la connaissance de la constitution intime du noyau. Au repos, c'est un sac rempli de liquide où baigne un réseau de linine peu colorable supportant des grains de chromatine qui fixent fortement le carmin, le vert de méthyle, le violet de gentiane, etc. ; il provient toujours de la division d'un noyau antérieur, soit par étranglement, soit par caryocinèse.
Ce dernier mode de division présente de telles singularités, communes aux animaux et aux végétaux, qu'on ne peut s'empêcher de leur attribuer une grande importance ; le réseau de linine se contracte, s'épaissit et se fragmente en bâtonnets