L. DLARINGHEM
ou chromosomes, dont le nombre est constant pour les différentes cellules d'un même organisme ; la membrane nucléaire disparaît, chaque chromosome se sépare en deux bâtonnets par une scission longitudinale et il en résulte des chromosomes filles qui se repoussent deux à deux et se groupent par portions équivalentes aux pôles de la cellule pour y reconstituer deux noyaux filles à réseau et à membrane nucléaires propres ; ainsi les éléments nucléaires eux-mêmes ne sont pas équivalents et ne proviennent pas d'éléments indifférenciés; ils ont une existence propre, se continuent, s'accroissent, se fragmentent dans la multiplicité des cellules qui composent un individu, une lignée, une espèce.
De Vries fut tenté naturellement d'identifier ses pangènes avec les granules chromatiques des chromosomes ; Weissmann alla plus loin ; il nomma ides ces granulations qui se décomposent en déterminants, lesquels se décomposent eux-mêmes en biophoreSy unités vivantes fondamentales immédiatement supérieures aux molécules chimiques dont elles sont formées ; tous ces éléments jouissent des propriétés particulières aux êtres unicellulaires ; ils se nourrissent, s'accroissent et se multiplient par division en restant identiques entre eux. Weissmann compléta cette conception en y réintroduisant la notion suggérée par Naegeli relativement à l'existence de deux protoplasmes ; le morphoplasme peut se différencier sans qu'aucune de ses modifications retentisse sur l'idioplasme ou plasma germinatif; celui-ci, limité aux cellules sexuelles, se transmet identique à lui-même à chaque génération.
Le succès de la théorie de Weissmann provient
BOTANIQUE
en grande partie de ce qu'elle a provoqué la découverte, prévue par lui, de la réduction chromatique. Puisque les œufs résultent de la fusion complète noyau à noyau, protoplasme à protoplasme, de deux cellules qui renferment chacune un nombre déterminé de biophores (pangènes), il doit y avoir, dans chaque cycle évolutif de l'œuf à l'œuf, un stade où le nombre des biophores se réduit de moitié, sinon ce nombre doublerait à chaque génération. Pour tous les êtres vivants qui ont pu être étudiés à ce point de vue (animaux et végétaux), ce stade de réduction existe et correspond à la différenciation des éléments sexuels.
Ainsi la sexualité est générale et constitue un caractère propre aux êtres vivants ; elle correspond dans la vie de l'individu à une épuration ou à une rénovation du contenu . cellulaire, car les cellules sexuelles se distinguent des cellules végétatives parla réduction de moitié du nombre des chromosomes. La caryocinèse assure la transmission complète et intégrale des caractères de la cellule mère aux deux cellules filles et la réduction chromatique nous apparaît comme une crise de croissance cellulaire ; les Weissmanniens prétendent que les circonstances qui accompagnent cette crise peuvent seules modifier l'hérédité.
On admet donc actuellement que l'unité fondamentale morphologique est le chromosome dont Tindividualité se conserve à travers toutes les caryocinèses ; cette unité morphologique est regardée d'ailleurs comme un complexe de bio-