‹ De la méthode dans les sciencesChapitre 25 sur 63 · L. BLAUINGIIEM · texte numérisé non relu

L. BLAUINGIIEM

réapparition des groupements nucléaires caractéristiques des deux espèces.

Parfois cependant, l'hybridation entraîne la stérilité, ou encore, une pseudo-parthénogénèse ; la plupart des Groseilliers hybrides sont stériles et il y a de fortes chances pour que les Épervières (Hieracitim) et les Alchimilles parthénogénétiques aient toutes une origine hybride ; ici, les cellules sexuelles avortent; des cellules végétatives, annexes des cellules sexuelles, se substituent aux sacs embryonnaires, s'y organisent en pseudo-embryons qui ne sont que des bourgeons particuliers.

Les hybrides très féconds sont actuellement étudiés sous le nom d'hybrides mendéliens ; ils correspondent à des combinaisons d'individus que Linné groupait dans la même espèce et dont les différences, très fiettes mais peu importantes au point de vue de l'organisation générale, peuvent se mettre en évidence sous la forme de couples de caractères correspondants . Les hybrides de variétés sont appelés, pour cette raison, hybrides équilibrés, et, en général, leur descendance fait retour immédiatement aux parents dont ils dérivent.

Dans cet ordre d'idées, il existe une analogie frappante entre les problèmes de l'hérédité et les problèmes de la chimie. Les espèces vivantes sont de véritables équilibres chimiques dont les réactions et les propriétés ne changent guère'si on substitue l'un à l'autre des caractères accouplés. De même que la substitution du sodium au potassium dans un Sulfate n'entraîne aucun changement sérieux dans la cristallisation, dans l'a spect et dans la saveur de ce sel, de même, la substitution de liquide protoplasmique coloré (anthocyanine) au

BOTANIQUE

liquide incolore, que Ton réalise en fécondant un Pois à fleurs blanches par le pollen d'un Pois à fleurs rouges, n'entraîne aucun changement, ni dans la taille, ni dans la fertilité, ni dans la nature des réserves, c'est-à-dire l'ensemble des autres qualités du Pois. Ainsi, la loi de Mendel est l'équivalent de la loi de Laurent et Dumas en chimie : « Dans les molécules chimiques (ou les équilibres vivants), les corps simples (ou les caractères qui peuvent s'accoupler) se substituent les uns aux autres, atome pour atome (pangène pour pangène), sans que l'équilibre général delà molécule (ou de l'organisme) soit altéré. »

Pour aboutir à ce résultat, il a fallu, en chimie, admettre l'indépendance absolue des corps simples et une constitution atomique particulière à chacun d'eux; en biologie, il a fallu affirmer l'indépendance absolue des caractères des organismes et concevoir leur existence matérielle sous la forme de pangènes ou de biophores indestructibles ; dans l'une et l'autre science, il a fallu admettre l'impossibilité de la transmutation des corps et des caractères.

Le problème de l'hérédité, tel que le posent les mendéliens, renferme donc, comme cas particulier bien étudié, l'ensemble des sciences chimiques. Mais il présente encore beaucoup d'obscurités, parce qu'on n'a guère pu, avant ces dernières années, traiter à part l'hérédité et le transformisme, le discontinu et le continu, la chimie et la physique des corps organisés.

En proposant aux naturalistes d'admettre Thy-

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