‹ De la méthode dans les sciencesChapitre 27 sur 63 · L. BLARINGHEM · texte numérisé non relu

L. BLARINGHEM

étudiée, comme un composé chimique, au point de vue des optima, des minimaet des maximade température qu'elle pouvait supporter; la géographie botanique devint la science des adaptations. La chaleur, l'humidité, lèvent, la lumière, les terrains modifientle port et les tissus des plantes et les changements produits par des facteurs analogues sur des organismes divers sont analogues; on peut en reproduire les traits essentiels dans des expériences de courte durée faites dans les laboratoires. L'étude combinée des facteurs modifiant les conditions d'existence, des migrations, du transport des graines par le vent ou les animaux, et aussi la connaissance des flores antérieures, a permis de déduire les principaux caractères des grandes zones de végétation ; la vie dans les océans a été répartie dans des domaines abyssal, superficiel et littoral à formes particulières. Tous les êtres non adaptés ont disparu dans la lutte pour la vie.

Par ses travaux sur les orchidées, sur les plantes grimpantes, sur les plantes carnivores, Darwin a montré comment on pouvait expliquer la fixation de caractères morphologiques et anatomiques favorables à la croissance ou à la multiplication ; après lui, les physiologistes ont voulu,, par exemple, attribuer la distribution régulière des feuilles sur les tiges à une meilleure utilisation des feuilles pour l'assimilation et la transpiration et ramener les problèmes del'organographie végétale à des problèmes d'adaptation ; c'est surtout dans l'étude des caractères de la fleur et de la dissémination des graines que l'ingéniosité des émules de Darwin fut remarquable.

BOTANIQUE

La biologie florale est née de l'effort colossal fait depuis cinquante années pour mettre en évidence les avantages de la fécondation croisée sur la fécondation directe, en ce qui concerne la vigueur et la qualité des produits; Konrad Sprengel (1793) dans son ouvrage sur Les secrets de la nature découverts dans la structure et la fécondation des fleurs , avait déjà montré, dans l'étude du même sujet, beaucoup de finesse et de science, mais cet effort isolé, ne se rattachant à aucune conception générale, fut méprisé parles naturalistes contemporains. Darwin consacra dix de ses années de travail à cette question qu'il traita en trois ouvrages remarquables. Il réussit à convaincre de suite deux de ses correspondants et admirateurs de l'importance du sujet : Asa Gray, dans l'Amérique du Nord, et Fritz Mùller, dans l'Amérique du Sud, accumulèrent les observations. Leurs efforts, limités en somme, comptent à peine auprès des résultats obtenus par Herman Mùller (1873) qui put établir une corrélation étroite entre le perfectionnement des organes des insectes visiteurs et des fleurs visitées et par Frédéric Delpino (1868-75) qui montra comment, dans les familles et dans les groupes de familles, sont apparus successivement les divers types de structure florale.

Dans tous les domaines de l'activité des naturalistes, l'influence de la doctrine darwinienne s'est traduite par des essais de reconstitution historique de la différenciation des formes ; les affinités sont décrites sous le nom de filiation et tous les chapitres relatifs à la botanique systématique, à la répartition géographique des espèces, aux variations de structure des organes

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