L. BLARINGHEM
se terminent par une conclusion relative à la phylogénie des groupes étudiés. A la Classification naturelle de Bernard de Jussieu, on veut substituer une Classification reposant sur la parenté ; au lieu de « peser les caractères » et de déterminer leur importance d'après leur fréquence relative, méthode propre aux sciences chimiques, on établit des séries de variations dans le même sens, on cherche la continuité et la filiation.
Dans cet exposé des méthodes utilisées pour l'étude des végétaux, j'ai souvent été amené à faire voir les analogies des sciences naturelles et des sciences physiques et chimiques. Il est bien connu qu'un progrès quelconque, dans l'un de ces domaines de l'activité intellectuelle, a un retentissement immédiat dans l'autre ; mais on ignore souvent que les découvertes sont surtout l'expression des idées dominantes de l'époque.
Les divergences d'objet, de méthodes et de principes qui éloignent la physique de la chimie ne tarderont pas à apparaître dans les sciences naturelles, dès qu'on aura nettement distingué, dans les êtres vivants, le continu du discontinu. C'est ce vers quoi tendent les nouvelles générations de biologistes, et l'ancienne répartition en zoologistes et en botanistes paraît devoir s'atténuer, tandis que se différencient nettement la biométrique et la génétique, physique et chimie des êtres organisés.