‹ De la méthode dans les sciencesChapitre 30 sur 63 · Cf. Galette des Beaux- Arts, 1902, I, p. 141. ^ 205 *g · texte numérisé non relu

Cf. Galette des Beaux- Arts, 1902, I, p. 141. ^ 205 *g

S. REINACH

existantes sont mal restaurées ou à l'état de fragments.

Furtwaengler, élève de Brunn, a été plus loin dans la voie ouverte par son maître. Il a démontré que beaucoup de répliques antiques avaient elles-mêmes été exécutées d'après des plâtres, moulés dans l'antiquité même sur les originaux *. J'ai, de mon côté, donné des raisons de croire que cette opération de surmoulage a été autorisée seulement pour les bronzes, tandis que la fragilité de la matière et la polychromie interdisaient de la faire subir aux marbres2. C'est pourquoi les grands bronzes grecs, si rarement venus jusqu'à nous à cause de la valeur du métal, nous sont pourtant aujourd'hui mieux connus, par d'anciennes copies en marbre, que les marbres et les statues chryséléphantines célébrées par les anciens.

Au musée de Bologne, Furtwaengler avait remarqué un buste d'Athéna qui lui parut présenter tous les caractères de l'art attique du milieu du ve siècle ; cette tête avait été considérée comme virile par les uns, comme moderne par d'autres ; mais Furtwaengler y reconnut la copie romaine d'un chef-d'œuvre et s'en procura le moulage. A l'aide de ce moulage, il compléta le moulage d'une Athéna mal restaurée du musée de Dresde, fit .constater que les deux plâtres s'adaptaient parfaitement et rendit ainsi à l'histoire de l'art une statue d'Athéna qui, si elle n'est pas la Lemnienne de Phidias, comme il l'a cru, est du moins une des œuvres les plus remarquables du même temps 3.

i. Cf. Revue critique, 1897, I, p. 46.

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