L. MARCH
fira de signaler les caractères particuliers de la méthode statistique, la forme sous laquelle interviennent les principes logiques, et l'appui que lui prête le principe de compensation sur quoi se fonde la règle de la moyenne.
IL — Caractères de la méthode statistique
On distingue communément trois phases principales dans l'étude statistique des faits : l'observation, la mise en œuvre des résultats de l'observation, l'interprétation des résultats.
Observation. — L'observation peut être envisagée sous deux formes, suivant qu'elle est déjà réalisée, et par conséquent soustraite à toute règle actuellement assignable,, ou suivant qu'elle est en voie de réalisation.
Dans le premier cas, l'observation statistique porte sur des documents ; elle n'atteint le réel qu'à travers l'acte et la pensée de l'auteur du document. De là la nécessité d'une critique méthodique des sources. Dans le second cas, on peut admettre que l'observateur atteint directement la réalité; s'il emploie des agents intermédiaires, il lui est loisible de leur fixer des règles.
Ces règles sont de même ordre que celles dont la critique documentaire doit s'inspirer. Elles sont dominées d'abord, comme toute recherche scientifique, par les trois principes d'impartialité, de sincérité, de compétance, indépendamment des prescriptions techniques appropriées à chaque classe d'observations.
Dans la statistique proprement dite où les observations sont généralement dirigées d'après
un plan préconçu, ces trois principes sont susceptibles d'accommodements qui facilitent la pratique des opérations.
La nécessité de la compétence, pour l'auteur de l'observation, se simplifie quand le questionnaire, ou procès-verbal de l'observation, peut être rédigé sous une forme élémentaire : par exemple, si chaque question ne comporte que deux alternatives entre lesquelles le premier venu peut aisément décider. On parvient ainsi à utiliser un personnel peu exercé ou non exercé ; de même que, dans les laboratoires, un garçon attentif sert parfois de préparateur. Dans ces conditions, de plus, les erreurs donnent lieu à des compensations dont on peut apprécier l'efficacité.
La sincérité dans toute étude scientifique est, on le sait, d'un prix inestimable. Une observation apparemment de faible valeur peut acquérir un grand prix si elle est sincèrement rapportée, c'est-à-dire traduite de façon que la mise en œuvre la saisisse sous sa forme originale. Elle peut être funeste, plus nuisible qu'utile, si, par exemple, ceux qui en feront usage peuvent supposer le fait directement observé tandis qu'il résulte d'une déclaration, d'un témoignage aléatoire.
Aussi le statisticien qui prépare des matériaux dont d'autres tireront profit, a-t-il pour devoir de décrire soigneusement les conditions de l'enquête, de joindre aux résultats les formules qui ont permis de les recueillir. Souvent, malheureusement, la paresse ou la négligence, difficilement