‹ De la méthode dans les sciencesChapitre 57 sur 63 · L. MARCH · texte numérisé non relu

L. MARCH

d'estimation que nous venons de signaler fournissent la même valeur; la valeur moyenne, la valeur médiane, la valeur dominante doivent alors être confondues.

Il en doit être ainsi, en particulier, quand les grandeurs observées en groupe ne diffèrent entre elles — ou sont supposées ne différer — qu'en raison de l'insuffisance des moyens d'observation, par exemple lorsqu'on mesure un même objet un certain nombre de fois.

De plus, on convient de ne point accepter que l'insuffisance des moyens d'observer se manifeste d'un côté plutôt que de l'autre de la moyenne. Si, par exemple, les grandeurs excédant la moyenne d'une certaine quantité sont plus nombreuses que celles qui en diffèrent par défaut de la même quantité, le principe de raison suffisante engage à imputer cette différence au compte d'une défectuosité de l'observation qu'il importe de déceler et de corriger. Il en résulte que les observations bien faites doivent se distribuer symétriquement de chaque côté de la moyenne; la compensation s'opère sous une forme plus précise que dans le cas général.

Effectivement, les observations bien faites présentent généralement cette symétrie; il en résulte que la moyenne correspond à Taxe de symétrie. La valeur dominante étant confondue avec la moyenne, les observations sont en quelque sorte concentrées autour de cette moyenne. La même forme de distribution se reconnaît, au moins approximativement, dans un grand nombre de collectivités de faits naturels. En sorte que la généralité de ce mode de distribution engage à relier les faits si différents qu'il gouverne par

une explication. On y parvient à l'aide de schémas représentatifs assez simples, tels que le suivant.

Quand on relie, par la pensée, un fait à ceux de ses antécédents qui le conditionnent, on peut toujours imaginer chaque antécédent décomposé en causes élémentaires nombreuses dont chacune ne comporte qu'un petit effet. Le fait mesuré est la somme de ces petits effets.

D'autre part, en distinguant nettement chaque effet de sa cause, on laisse concevoir une certaine variabilité de l'effet sous l'influence de circonstances extérieures à la cause : ainsi chaque effet élémentaire peut prendre des valeurs différentes. Pour raisonner sur ces valeurs, une hypothèse est nécessaire; on la choisit la plus simple possible, on admet que ces valeurs sont régulièrement échelonnées : par exemple, on peut les

exprimer par la suite i, 2, 3 m, cette même

suite convenant pour tous les effets élémentaires, et l'on suppose que, pour chaque effet, chacune de ces grandeurs ne doit être prise qu'une fois. Cette hypothèse correspond, par exemple, au cas où Ton effectue une mesure et où l'effet d'une cause d'erreur échappant entièrement à la perception, on n'a pas de raison de supposer telle grandeur de l'effet plus fréquente que telle autre.

Dès lors, le fait mesuré est l'un des effets résultants possibles qu'on peut obtenir en associant de toutes les manières les grandeurs dont sont susceptibles les effets partiels élémentaires. Et ce mode de représentation permet de se rendre compte de la façon dont se distribuent ces effets résultants possibles.

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