L. MARCH
après l'augmentation, ceux qui gagnent i verront par exemple leur revenu s'élever de i à 2; ceux qui gagnent 2, s'ils conservent aussi leur activité propre, verront leur revenu s'élever de 2 à 4. En sorte qu'à ce moment, les effets élémentaires de la cause d'augmentation considérés peuvent être représentés schématiquement par la suite 1, 2, 4 (au lieu de 1, 2, 3). Le second intervalle de deux valeurs étant deux fois plus grand que le premier, la distribution des effets résultants aura même forme que dans le cas précédent où les effets élémentaires sont représentés par la suite h 1, 2.
Le changement de tarif a le même effet que l'accroissement d'activité et d'habileté : il accroît l'inégalité des revenus et fait dévier la distribution du côté des plus faibles revenus.
Revenons maintenant au cas examiné en premier lieu, celui où, par suite de leurs aptitudes différentes, les ouvriers se divisent en groupes égaux qui obtiennent des accroissements de salaire différents, représentés par 1, 2, 3, 4. On peut analyser plus complètement la situation de ce personnel si, par le procédé indiqué à propos de l'interprétation des statistiques, on considère séparément les groupes qui ont obtenu les diverses augmentations, le groupe dont le gain s'est accru de 1, par exemple. On s'aperçoit alors que l'accroissement n'est point exactement de 1 pour tous les ouvriers de ce groupe parce que, indépendamment des aptitudes, d'autres circonstances fort nombreuses font varier le salaire : état plus ou moins régulier de la veine, difficultés des boisages, des transports, état de santé, etc.
STATISTIQUE
Dans ce groupe, nous pourrions donc distinguer des sous-groupes pour lesquels les augmentations seraient encore régulièrement échelonnées, par exemple :
On est alors amené à pousser la décomposition plus loin, de façon à diviser les causes en éléments plus simples, moins variables, ce qui restreint l'amplitude des valeurs de l'effet, en même temps que les causes élémentaires considérées se multiplient.
On peut imaginer la décomposition poussée jusqu'au moment où l'échelle de possibilité d'un effet n'a que deux degrés. Car, au delà, l'effet serait le même pour tous les individus, ce serait l'homogénéité parfaite, tous les ouvriers identiques quant au taux de leur revenu. La nature ne fournit pas d'exemple de groupes d'individus identiques. La limite imposée à la décomposition par groupes d'une masse hétérogène correspond donc au schéma le plus simple, celui où, pour chaque cause élémentaire, l'effet se réduit à une alternative, telle que a ou £, le nombre des causes s'étant accru indéfiniment.
Ce schéma peut être remplacé d'une façon plus expressive par la courbe qui représente la distribution des effets résultants, courbe à laquelle on a donné le nom de. courbe normale.
De la même façon, le schéma qui donnait naissance aux courbes déviées peut être ramené à des types simples dans lesquels chaque cause élémentaire comporte une alternative dont l'un des termes est susceptible de répétitions, tel