‹ De la méthode dans les sciencesChapitre 9 sur 63 · L. BLARINGUEM · texte numérisé non relu

L. BLARINGUEM

suffisante, aux lignées, aux structures, auxformes végétales douées de vie. Quanta la physiologie, qui se réduit pour les végétaux à l'étude des échanges nutritifs, elle a toujours progressé comme une branche annexe des sciences physiques et devrait être étudiée dans des chapitres particuliers de la physique et de la chimie.

La méthode botanique est l'œuvre de Linné (1707-1778).

Les difficultés que le botaniste suédois a rencontrées au début de sa carrière expliquent en partie la valeur et les imperfections de sa méthode. Fils d'un pasteur protestant sans ressources et destiné à la carrière ecclésiastique, Charles Linné fut un élève frondeur et indiscipliné; presque chassé par ses premiers maîtres, il se rendit à Lund, puis à Upsal, pour étudier la médecine : mais son extrême pauvreté l'obligea longtemps à se livrer à des travaux manuels pour acheter des livres; professeur suppléant de botanique, puis explorateur officiel, il dut, entre deux missions, donner des leçons de sciences physiques et naturelles pour gagner sa vie.

Au cours d'un voyage en Hollande, il se fit apprécier de Cliffort, riche banquier et propriétaire d'une des plus belles collections de plantes vivantes de l'Europe, qui le traita en ami et lui donna les moyens de publier en quelques années ses meilleurs ouvrages1. Linné avait alors trente

1 En 1735, Systema natnrœ ; en 1736, Fundamenta boianica et Critica hvtanka ; en 1737. Gênera plantarum, Hortns Cliffvrintnns et Flora lapon ica,

BOTANIQUE

ans, il visita l'Angleterre, la France, reçut bientôt les titres de Membre de la plupart des Académies d'Europe ; dix ans plus tard, son enseignement était adopté dans presque toutes les Universités, en Hollande, en Allemagne, en France. Les Suédois, ses compatriotes, qui l'avaient d'abord froidement accueilli, le nommèrent cependant professeur de botanique à l'Université d'Upsal; il devint ensuite président de l'Académie de Stockholm et fut créé noble.

Cette fortune singulière et rapide explique

I énergie avec laquelle Linné a imposé sa méthode et ses règles, énoncées en 1750 dans la Philo s 0phia botanica. Il les présente en ces termes au public :

« J'ai réuni autrefois, dans un petit nombre d'aphorismes {Les Fondements de la botanique), la théorie et les éléments de cette science. J'ai nommé Philosophie botanique le développement de ces principes par des exemples, des observations et des démonstrations, ayant scrupuleusement distingué et défini les parties des plantes et jusqu'aux termes eux-mêmes. »

Dans son exposé de la science botanique, Linné a su laisser une place suffisante à l'œuvre déjà considérable des savants qui le précédaient.

II tint compte des travaux des anciens et dejeurs commentateurs (Théophraste, Pline., Dioscoride commentés par Daléchamp et Matthéole), des descripteurs comme Clusius d'Ârras^ Dodonaeus, Ray, J-. Bauhin, Tournefort; il se fit communiquer les plantes des jardins les plus célèbres de Padoue, de Pise, de Paris, de Leyde, de Montpellier et de Nuremberg'; il a l'ai-même classé et décrit les plantes du jardin de Ciiîibrt. Aux flores

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