Théorie nouvelle de la Vie. Paris, F. Alcan
PHYSIOLOGIE
qu'elle est démontrée vraie dans les cas où le réactif causant le fonctionnement est un colloïde vivant ou mort, pour que Ton conserve l'axiome de Claude Bernard dans les autres cas de fonctionnement. Pour ces autres cas d'ailleurs, la sagesse des nations avait depuis longtemps établi la loi d'habitude, dont Lamarck a tiré tant de profit dans l'explication de la formation des espèces. J'ai longuement traité cette question dans un ouvrage récent1; j'y renvoie le lecteur pour les détails.
De toutes ces considérations il résulte que la physiologie, répondant à la définition précise de science des phénomènes de la vie, a une méthode propre, une méthode dont l'emploi permet de caractériser dans chaque cas l'existence de la vie chez les êtres les plus différents. Chez tous, animaux ou végétaux, l'emploi d'un réactif quelconque détermine l'accoutumance quand il ne produit pas la mort.
Vivre, c'est s'habituer.
Dans chaque cas, le phénomène d'accoutumance est peu marqué chez l'individu qui en est l'objet, sauf quand on emploie, pour le déceler, le réactif même qui a détermine la -production de V accoutumance. Lorsque ce réactif a été d'ordr mécanique ou d'ordre purement chimique, il est difficile de montrer l'habitude obtenue, autrement qu'en faisant réagir de nouveau l'animal et le réactif. Tel est le cas de l'accoutumance au métier de forgeron ou à l'absorption de doses croissantes de morphine. Mais quand le réactif est un colloïde, une particularité nouvelle se manifeste; il est le plus souvent possible de