‹ De la Méthode de l'Eau Camphrée Pour la Mesure de l'Odorat: Quelques-unes de ses applications cliniques et scientifiquesChapitre 14 sur 19 · Chapitre IV · texte numérisé non relu

Chapitre IV

Dans le chapitre précédent, nous avons mesuré l’olfaction à l’état de repos. Il serait intéressant de savoir si le sens olfactif se fatigue autant qu’on l’a soutenu récemment (J. Passy, Année psychologique, 1896, p. 385). Les expériences sont conduites de la façon suivante. On commence par rechercher, chez le sujet à examiner, les minima normaux de sensation et de perception. Puis on le laisse se reposer une demi-heure. Après ce temps on lui met sous le nez un flacon de camphre pulvérisé, cette pulvérisation ayant pour but d'élever au maximum le pouvoir odorant du camphre. De plus un cornet en papier est disposé autour du flacon, afin d'empêcher autant que possible le mélange avec l'air des particules odorantes. Le temps que dure cette présentation varie de 1 à 30 minutes. Aussitôt après, l’expérimentateur évalue le minimum sensible et le minimum perceptible. Pour cela il présente le flacon représentant le minimum

moyen de sensation déjà connue : et suivant qu'il y

à eu sensation ou non sensation, il n’a plus qu’à descendre ou remonter la série des flacons. Il en va évidemment de même pour la détermination de la perception minima de fatigue.

Voici le tableau des expériences faites sur les infirmières de Villejuif.

Ces chiffres nous montrent combien est peu considérable la fatigue déterminée par une olfaction prolongée même pendant cinq minutes. Ainsi la sencibilité olfactive brute qui correspond avant l'épreuve à la solution titrée 8 p. 100.000 est représentée après par la solution fort peu différente de 9 à 100.000. Notons aussi que la perception se fatigue bien plus que la sensation. Cette différence est même très accentuée pour les longuesdurées ; parexemple, si avant l’épreuve de 30 minutes, elle est représentée par 5 p. 100.000 ;

elle descend après cette épreuve jusqu’à 1 p: 1.000.

Il en résulte que l’olfaction se fatigue bien moins qu’on ne le croit . On serait pourtant tenté d’objecter le fait suivant : à savoir qu'après un séjour prolongé dans une atmosphère même très odorante, l'odeur finit par ne plus être remarquée. A cela nous répondrons que l’odeur peut être perçue pourvue que l’attention se porte de ce côté. Il en est ainsi pour les

autres sens ; c’est de la distraction sensorielle. .

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moulin, l'entend cependant :fcar si la roue vient à

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s'arrêter, il s’en aperçoit aussitôt. Il en est de même pour l’odorat.

D’autres expériences faites par MM. Toulouse et Vaschide montrent que l’ammoniaque,mème après une action de longue durée ne diminue que fort peu la sensibilité olfactive, mais intéresse au contraitre dans une certaine mesure la sensibilité tactile. Ce qui prouve bien l'indépendance des deux sensibilités.

Au surplus la fatigue olfactive ne se prolongerait pas non plus aussi longtemps qu’on l’a soutenue. Il résulte des recherches au moyen de la même méthode « que le retour du pouvoir sensoriel est presque immédiat quand l’olfaction a duré moins de 5 minutes et s'opère en moins de 5 minutes en moyenne, lorsque l’olfaction a duré trente minutes. »

Nous parlions tout à l'heure de la distraction sensorielle à propos de certains faits imputés à tort à la fatigue olfactive. La distraction sensorielle est, pour emprunter la définition de MM. Toulouse et Vaschive «un état psycho-physiologique plus ou moins court dans lequel le sujet n’a pas conscience d’impressions extérieures ou intérieures dont il a habituellement ou peut volontairement avoir de nouveau et immédiatement conscience. »

Il est certain que les variations de l'excitation peuvent avoir une influence sur l'attention. Ainsi un objet quelconque déterminant une forte excitation fait naître et stimule l’attention ; d’un autre côté l'atten-

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tion peut rendre la sensation plus ou moins nette, suivant qu'elle s'exerce plus ou moins. Mais les variations de l'excitation seules sont impuissantes à faire disparaître la sensation ; les expériences ayant pour but la mesure de l’odorat, en sont une preuve irréfutable. On ne saurait non plus invoquer l’épuisement puisque la sensation est susceptible d’être immédiatement rappelée par la volonté du sujét. Dans le cas qui nous occupe, nous voyons donc clairement que la disparition de la sensation est intimement liée aux variations de l'attention. Un sujet en état d'attention sensorielle fait desrespirations normales enregistrées avec le pneumographe de Marey, on lui présente alternativement, une solution d’eau distillée et une solution correspondant à son minimum de sensation. On fait ensuite la même expérience, le sujet faisant des réspirations superficielles et profondes : on remarque que le nombre des sensations d’eau camphrée est le même dans les 3 cas. Ce qui prouve queles variations de l'excitation (mouvements respiratoires) n'ont pas influé sur la sensation.

Si au contraire dans une autre expérience, l’excitation est la même pendant que le sujet est tenu, par exemple, de compter mentalement les battements d'un métronome, on voit nettement que cette distraction sensorielle fait . diminuer considérablement la sensation. Disons enfin quelques mots de l’application de la méthode de l’eau camphrée à l’intéressante

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étude de l’asymétrie sensorielle. Sur 64 cas, 55 sujets étaient asymétriques gauches. Des 8 restantsl’un présentait une olfaction égale de deux côtés, 2 une asymétrie gauche, mais seulement pour la perception, enfin s autres avaient une asymétrie droite pour la sensation et la perception.

L'odorat semble être le seul sens où la prédominance a lieu du côté droit. Nous devons quelques explications à ce fait. Chez la plupart des animaux, l'association des deux lobes olfactifs par une commissure transversale a été signalée par tous les anatomistes. Mais chez l’homme, Longet, Huguenin et bien d’autres ont dit n'avoir jamais vu cette communication d’une manière satisfaisante. Meynert est à peu près le seul qui, depuis de Blainville, ait décrit, chez l'homme dans la commissure antérieure des fibres l'association entre les deux lobes olfactifs. Si, en tous cas, il y avait véritablement chiasma, les expériences de Ferrier tendraientnéanmoins à prouver que la plupart des fibres olfactives seraient commandées par l'hémisphère cérébral du même côté. Dans ces expériences, nous voyons la division du lobe temporosphénoïdal accompagnée de la désorganisation de l’hippocampe provoquer chez le singe l'abolition de l’olfaction du même côté. Il est vrai que l’on a cité des cas d’hémianesthésie sensitivo-sensorielle, mais nous ne devons pas oublier que ce sont là des mani-

festations de l’hystérie et dans cette névrose, leslésions

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