‹ De la Méthode de l'Eau Camphrée Pour la Mesure de l'Odorat: Quelques-unes de ses applications cliniques et scientifiquesChapitre 3 sur 19 · Chapitre Premier · texte numérisé non relu

Chapitre Premier

Historique

Avant donc d'aborder l'étude de la méthode del’eau camphrée, nous allons jeter un coup d’œil rapide sur les divers procédés employés antérieurement et nous efforcer ensuite d’en faire ressortir les défauts ou les imperfections.

Mentionnons, en premier lieu, les expériences de Valentin (1847), qui consistent essentiellement à faire arriver dans un volume d'air donné une quantité déterminée d’un gaz odorant soumis à la pression barométrique ou à y introduire une fraction infinitésimale d'une matière odorante. L'on note ainsi le degré minimum de dilution que doit avoir telle ou telle substance brome, ammoniaque) pour impressionner l’odorat.

Quant à Fischeret Penzoldt (1887), ils opèrent dans une salle d’une contenance de deux cent trente mètres cubes. Ils se servent d’une solution alcoolique à 1

pour 1000 de la matière odorante.

Mg

Il suffit alors d'étendre cette solution suivant des proportions déterminées. L/on commence par pulvériser dans la salle une quantité connue de cette solution. Puis, après avoir brassé l'air pendant quelques minutes au moyen d’un grand drapeau, on appelle le sujet qui entre aussitôt et s'efforce de percevoir l'odeur.

Bailey et Nichols ont fait connaître une nouvelle méthode en 1886. Ces auteurs se servent de diverses substances : huile de girofle, nitrite d'amyle, extrait d'ail, brome, cyanure de potassium. Une série de solutions étaient préparées et ordonnées de telle sorte que chacune était moitié moins forte que celle qui la précédait. Ces substaces subissaient des dilutions successives jusqu’à ce qu’il fût impossible de les décéler par l’odorat. L'ordre des flacons était dérangé et l'expérience avait pour but de les faire classer convenablement avec l’odorat seul pour guide.

Zwaardemaker se sert, en 1889, d'un appareil dit olfactomètre qui consiste en un tube de verre dont une extrémité sert à l’olfaction au lieu que sur l’autre glisse un cylindre contenant la matière odorante. Si l’on fait glisser ce cylindre de telle sorte qu'il dépasse plus ou moins l’ouverture du tube, l'air qui traverse ce dernier viendra se mettre au contact d'une partie de la matière odorante, partie qui sera d'autant plus considérable que le cylindre aura été retiré davantage. On emploie n'importe

Lo

quelle matière odorante. Pour cela, un tube en verre de mêmes dimensions que le cylindre est tapissé à l’intérieur de papier brouillard: puis on imbibe ce papier d’une solution du corps odorant. Un sens intact devra exiger pour la perception minimum la même quantité de matière odorante, étant donnée une inspiration unique de la durée ordinaire. Cette quantité normale est représentée par les longueurs de cylindre employées. Cette excitation minima est l'unité ou l’olfactie.

En 1891, Lombroso et Ottolenghi décrivaient un osmomèêtre se composant de 12 solutions d'extrait d’œillet en quantités égales, renfermées dans douze flacons bouchés et cachetés à la cire. Cet osmomètre comprend 12 degrés correspondant aux diverses solutions. extrait d'œillet agtétchoist a eaquce de l’intensité de son odeur et de sa solubilité. Les observations ont été prises dans des services différents, une seule fois par jour dans des conditions identiques de température, ventilation, etc... Les solutions ont été renouvelées chaque fois pour éviter toute erreur due à l’évaporation. Les flacons étaient apportés sans aucun ordre, suivant le procédé de Nichols et Bailey et le sujet devait les placer dans leur rang naturel en se guidant uniquement sur son odorat. L'on commençait aussi, par les solutions les plus faibles afin que l’odorat ne fût pas émoussé tout d’abord par les solutions fortes. On notait ainsi les cas où la sensibilité

y 4 he

olfäctive ne se révélait que pour le degré le plus bas c'est-à-dire la plus forte concentration et ceux où le sujet faisait dans l’ordination des flacons plus de quatre grosses erreurs. Par ce procédé, les deux auteurs établissent des moyennes pour les sujets normaux, pour les criminels et en particulier pour les criminels sexuels.

Nicolas Savelieff a fait connaître en 1863 un appareil nouveau pour la construction duquel ‘toutes les substances pouvant dégager de l'odeur (caoutchouc, paraffine, etc.) ont été exclues. Cet appareil se compose d’un flacon de Wolff dont les deux ouvertures sont fermées par des bouchons de Liège, lesquels sont traversés par deux tubes en verre. L'un de ces derniers est ouvert à l'extérieur et va jusqu’au fond du flacon ; l’autre qui est recourbé à angle droit va traverser par sa deuxième extrémité l’un des goulots d'un deuxième flacon. L'un des bouchons de celui-ci est lui-même traversé par un tube à embranchement dichotomique destiné aux narines.

On verse dans le flacon de Wolff un mélange d'huile éthérée en quantité mesurée et d’eau en proportion également déterminée mais plus grande. Ce liquide ne doit pas atteindre l’extrémité du tube recourbé. En outre pour savoir si l’asnomie provient d’un défaut de sécrétion nasale, l’auteur interpose entre les deux flacons un tube en V renfermant une matière avide

d’eau. Pour rechercher la force de l’odorat dans chaque

narine respectivement, onse sert de deux appareils identiques où l’on remplace le tube dichotomique par un tube simple. Au moyen d’additions d’eau successives, on diminue la force odorante jusqu’à l'abolition de toute perception olfactive. On peut ainsi, connaissant le degré de concentration de tel et tel mélange déterminer la perception minima pour un cas donné.

Pour la description de l’olfactomètre de M. Charles Henri, nous laisserons parler l’auteur lui-même : CL'instrument, dit-il, consiste en.un réservoir de verre traversé par deux tubes glissant l’un sur l’autre : 1° un tube de papier bouché par le bas: 2° à l'intérieur de celui-ci un tube de verre gradué en millimètres qu’on introduit dans une des narines en bouchant l’autre. Si l’on veut que l'expérience se fasse dans les deux narines, on remplace le tube de verre par un autre terminé par deux tubes courts. Le tube gradué est relié par un tube de caoutchouc avec une fourche en verre munie d’un robinet pour le cas où on veut employer un poids connu de vapeur odorante, en vue de mélanges d’odeur ou de toute autre manipulation ».

Si l’on veut connaître l'intensité d’un parfum, on en introduit par la tubulure quelques gouttes que l’on répand dans le réservoir sans toutefois mouiller le tube de papier. L'on place ensuite le réservoir dans

l’éprouvette après avoir bouché la tubulure. L’extré-

Page 1