‹ De la méthode en éducation physique par le mouvement disciplinéChapitre 4 sur 9 · LA MACHINE HUMAINE · texte numérisé non relu

LA MACHINE HUMAINE

. L'homme est un corps vivant en station verticale soumis comme tous les corps de la nature à la loi de l'attraction terrestre. Son centre de gravité placé à la onzième vertèbre dorsale, face inférieure, bord antérieur est sans cesse attiré vers le centre de la terre, d’où lutte constante entre les deux centres de gravité, celui de l'homme et celui de la terre. Le corps de l’homme est articulé, chaque articulation est attirée vers le centre de la terre ; la station de l’homme étant la station verticale, chaque articulation doit être fixée à l'articulation voisine dans le sens de la ligne verticale, pour toutes les articulations, en remontant des pieds à la tête, d’où nécessité de s'adresser à tous les muscles extenseurs placés à l'angle externe de chaque articulation, Ces muscles sont antagonistes de la force d’attraction terrestre. Cet antagonisme a pour effet le redressement des segments articulaires les uns sur les autres et surtout des segments articulaires des vertèbres de la colonne vertébrale. Sur la colonne vertébrale s’insère un muscle important ; celui-ci ouvre et ferme la vie, c’est le diaphragme. Le premier acte de l'enfant qui naît est une inspiration, le dernier acte du vieillard qui meurt est une expiration. La nutrition gazeuze assurée par le diaphragme passe avant la nutrition solide et liquide ; on peut vivre plusieurs jours sans manger ni boire, on ne peut vivre plusieurs minutes sans respirer. Si donc le diaphragme possède un rôle si important, au point de vue de la philosophie biologique il doit être le maître de toute la musculation. Tous les muscles du tronc sont ses serviteurs. Tous les muscles qui prennent un point d'appui au-dessus de lui sont inspirateurs, ils le servent pour faciliter son jeu; tous les muscles qui prennent un point d’appui au-dessous de lui sont PRUDUTATEE c’est-à-dire antagonistes des muscles placés au-dessus.

Le diaphragme est seul actif dans l'inspiration d’entretien ou respiration moyenne à raison de 300 à 500 centilitres d’air par inspiration; cette activité d’ordre reflexe est dûe au bulbe qui, sous l'excitation de lacide carbonique renfermé dans le sang, provoque un appel d’air en faveur de son oxygénation. Ce phénomène peut être comparé au jeu d’un compteur à gaz qui se déclanche automatiquement sans intervention de la volonté. Il ne faut pas confondre ce déclanchement reflexe qui assure le minimum de vie avec l’activité volontaire dûe au travail des muscles inspirateurs qui

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. assure le maximum de vie. Alors les muscles inspirateurs collaborent -à l’action du bulbe, en soulageant le diaphragme par le soulèvement de ses points d'appui sur la cage thoracique. Dans l'inspiration forte les muscles inspirateurs soulèvent la cage thoracique de bas en haut et l’élargissent de dedans en dehors, pour mieux assurer la nutrition gazeuze. L’hématose se produisant dans les poumons et la fonction faisant l’organe il est nécessaire d'agrandir au maximum le champ d'épandage pulmonaire pour que les échanges gazeux y soient nombreux, rapides ét profonds, d’où nécessité de ne jamais violenter le jeu élastique de la cage thoracique renfermant deux organes de vie, dont l’élasticité même assure la fonction de la vie : le cœur et les poumons. .

Le squelette humain est formé d’un tronc divisé en trois étages, chacun

de ces étages possède un développement osseux différent : lo l'étage supé- 8es P PP à pE-

rieur : la tête, capsule osseuse, protégeant le cerveau ou étage psychique ; 20 l'étage moyen thoracique, cage osseuse élastico-rigide, avec la colonne vertébrale, les côtes, le sternum, les clavicules et les omoplates, pour protéger deux organes élastiques : le cœur et les poumons, c’est l'étage ‘mécano - chimique : 30 l'étage inférieur, l'abdomen, manchon musculoosseux, très élastique pour assurer la fonction péristaltique des intestins, en même temps que très rigide par les os du bassin, pour assurer un point d’appui à la colonne vertébrale, supportant le massif osseux costal, scapulaire et céphalique, c’est l'étage chimique.

Quatre grands segments s’insèrent au tronc : deux supérieurs, les bras;

deux inférieurs, les jambes. Le segment des bras ou train supérieur est suspendu au tronc à l’aide d’un anneau musculo-osseux très élastique pour ne pas violenter l’élasticité de la cage thoracique : les clavicules en avant, les omoplates en arrière ; celles-ci sont reliées à la colonne vertébrale par des muscles rhomboïdes et trapèze; une solution de continuité osseuse existe donc entre les deux omoplates, placées à la région postérieure et supérieure de la cage thoracique pour servir de point d'appui fixe

à des muscles inspirateurs, serviteurs du diaphragme ; le principal de ces …

muscles est le grand dentelé: L’articulation de l'épaule est très souple et très peu résistante par sa constitution même en forme de pince : la clavi-

cule en avant, l’omoplate en arrière. L’humérus est suspendu au bout du

mors de la pince.

Le segment des jambes ou train inférieur est fixé au tronc à aide d'un anneau puissamment osseux, le bassin. Ici pas de solution de continuité entre les os, mais au contraire puissance très grande des vertèbres lombaires et du sacrum, pour donner un point d'appui rigide et fort à la puissance musculaire des fessiers et du massif dorso-lombaire redresseurs de la colonne vertébrale dans la station verticale et luttant ainsi contre.l’at-

traction terrestre qui provoque la chute du corps en avant. L’articulation |

coxo-fémorale est très robuste, à type de « joint universel » solidement adaptée par des ligaments et des muscles puissants ; elle donne appui au fémur sur lequel porte le poids du tronc, et de là à la jambe et au pied.

L’articulation du cou-de-pied a donc une grande importance en éducation physique, puisque c’est sur elle que porte tout le poids du corps ; il y a donc

nécessité à l’entraîner rationnellement par ses ligaments articulaires et par ses muscles en vue de la fonction de la marche et du saut à laquelle elle préside. Elle assure la station verticale en pérmettant au centre de gravité du corps d’être fixé dans son plan normal vertical et non dans des. plans obliques antéro-postérieurs ou latéraux.

La méthode suédoise accorde une attention toute particulière à | cette articulation-base, ignorée de toutes les autres méthodes, surtout de la méthode allemande. Celle-ci porte son attention sur l'articulation du poignet dans les mouvements de suspension par les mains. Ling part des

+ pieds, *pabra part des mains. Lequel ç des deux est dans la vérité biologique vé humaine ? li S Considérant de plus près le squelette, nous constatons que toute sa partie postérieure est plus osseusement développée que sa partie anté- rieure. Toutes les fortes saillies, toutes les épines, tubérosités, etc., sont situées en arrière, de l’occiput au sacrum, puis à la jambe, au calcanéuim ; par contre, à la cuisse, les tubérosités sont situées en avant, au fémur, au tibia ; une telle constatation nous amène à établir «a priori ce fait que sur chacune de ces tubérosités osseuses doit s’insérer un muscle important, un extenseur luttant contre l’attraction terrestre. La fonction faisant l'organe, celui-ci se développe en raison de sa fonction. Le point d'appui du bras de levier osseux doit être d’autant plus fort et plus rigide que la puissance musculaire est plus grande en vue de la lutte provoquée par une plus grande résistance antagoniste. C’est pourquoi le système des .… vertèbres se développe énormément du sommet à la base, le sacrum étant: plus développé que l’atlas et que l’axis, et les vertèbres lombaires plus épaisses et plus larges que les vertèbres cervicales. En avant à la cuisse, les condyles du fémur, la tubérosité du tibia*et la rotule, constituent un - système osseux à point d'appui très solide pour la puissance musculaire du guadriceps fémoral, muscle extenseur de la jambe sur la cuisse.

Si maintenant nous examinons la cage thoracique, nous constatons qu’elle est constituée de deux os placés parallèlement sur un même plan vertical ; l’un est LME lomoplate ; l’autre est fixé à la cesse thoracique : le sternum. 1

L'homme étant un marcheur par ses jambes, son omoplate tr une forte épine. L’omoplate donne insertion à des muscles puissants qui la fixent dans le plan vertical, contre la cage thoracique, le rhomboïde, l’angulaire de l’omoplate, le grand dorsal et surtout le trapèze, et tout cela pour permettre au grand dentelé, élévateur des côtes, de soulagér le diaphragme dans sa fonction inspiratrice.

L'oiseau étant un grimpeur dans l’air par ses bras, chaque coup d’aile est l’équivalent d’une montée de marche d’escalier que l’homme accomplirait avec ses jambes ; l'oiseau, dis-je, doit posséder une anatomie osseuse thoracique différente de celle de l’homme; nous constatons en effet que son sternum, au lieu d’être aplati comme chez l’homme, est très développé surtout chez les oiseaux à bras de leviers courts, c'est-à-dire à ailes courtes pour la force à déployer ; il possède de plus un bréchet, équivalent de l’épine de l’omoplate chez l’homme. Ce bréchet donne un point d'appui fixe et rigide au muscle grand pectoral, abaïisseur des ailes, de haut en bas, et de dehors en dedans pour le vol, chez l'oiseau. Fo

Les bras chez l’homme étant un système de préhension, l'appel au point d'appui du grand pectoral sur le steruum est plus souvent répété que l'appel du point d sppur sur PANeRUe ere qu lhomme n’est pas un

grimpeur.

Le grand pectoral ne à De ao quand le point d’appui est pris sur l’humérus, mais il n’est pas le muscle inspirateur par excellence ; le petit pectoral est plus inspirateur que le grand pectoral par son insertion à l’apophyse coracoïde et aux troisième, quatrième et cinquième côtes.

Le véritable muscle- inspirateur est le grand dentelé. La gymnastique de suspension allemande violente la fonction du grand pectoral en lui faissant prendre un point d’appui sur l’humérus plus que sur le sternum pour le soulèvement du corps en l'air. Quand le point d'appui le plus fort

est placé sur le sternum, le grand pectoral agit chez l'homme comme chez l’oiseau en attirant les bras de dehors en dedans, en rapprochant ainsi les deux moignons de l’épaule et resserrant la cage thoracique par compres-

ue

sion. Nous verrons plus loin que la lutte entre les deux méthodes, Ja méthode allemande et la méthode suédoise, se résume dans la lutte entre deux os, c’est-à-dire entre deux points d'appui de la puissance musculaire, le sternum en avant avec la méthode allemande ; Pomoplate en arrière, avec la méthode suédoise.

Les plans de la progression chez l’homme et chez l’oiseau à l’é gard dela lutte contre l'attraction terrestre sont différents, voilà pourquoi tout le train postérieur est sacrifié chez l’oiseau au train antérieur, alors que chez l’homme c’est le train supérieur (antérieur de l'oiseau) qui est sacrifié au train inférieur (postérieur de l'oiseau). Si donc la nature a doté l’homme d’une épine puissante à l’omoplate et l'oiseau d’une épine puissante ou bréchet au sternum, c’est que les fonctions musculaires de l’homme ct de l'oiseau sont différentes.

Ici j'en arrive aux deux méthodes de gymnastique en présence, la. méthode suédoise qui s’adresse surtout à l’omoplate ; la méthode allemande qui s'adresse au sternum. La lutte entre les deux écoles se résume donc dans la luite entre deux os : l’omoplate avec la Suède ; le sternum avec. l'Allemagne. L’anatomie biofogique peut seule trancher la question de

Méthode. ‘

” Le sternum de l’homme ne possédant pas d’épine, l’homme n’est pas: constitué pour se suspendre en l’air par les bras ; l'omoplate de l'oiseau

ne possédant pas l’épine de l’omoplate de l’homme, l'oiseau n’est pas fait

pour marcher sur terre, avec ses pattes ; conclusion : toute gymnastique qui localise les efforts de l’homme sur les pieds et sur la partie postérieure. du corps doit être forcément une gymnastique rationnelle puisqw’elle

répond aux lois de la biologie humaine, puisqu'elle facilite en cela le plus

libre jeu de la cage thoracique en avant, pour la meilleure fonction des

poumons et du cœur; par contre, toute gymnastique qui localise les efforts

de l’homme, sur les bras et sur la région sternale, doit être forcément

mauvaise et antiphysiologique parce qu’elle violente l’élasticité de la cage

thoracique et qu’elle atténue la fonction du cœur et des poumons. La vie

est une oxydation ; toute gymnastique rationnelle doit faciliter cette: fonction ; celle-ci ne peut être établie que grâce au développement maximunr du champ d'épandage pulmonaire, d'où nécessité de ne jamais rétrécir.l’aire de ce champ d’épandage surtout au moment où le sang passe en. plus grande quantité au cours des exercices: de gymnastique, des jeux et des sports.

Le cœur, droit, accomplit une fonction parallèle: à celle des poumons; c'est lui qui envoie à ceux-ci le sang veineux à hématoser. Resserrer la surface d'épandage des poumons, c’est, par contre-coup, forcer le ventricule droit à plus de iravail et, par la répétition même, provoquer des désordres circulatoires graves.

Le cœur n’est pas une pompe foulante et aspirante: C’est une pompe foulante par les ventricules gauche et droit, Qui dit aspiration, dit modification dans la pression barométrique, c’est-à-dire dans l’équilibre de Pair. Il n’y à pas d’air dans le sang, mais il y en a dans: les poumons, ce sont donc les poumons qui constituent la pompe: aspirante.

Quatre forces font remonter le sang des pieds au: cœur. Le travail synergique de ces forces est nécessaire pour lutter contre l'attraction terrestre qui attire vers le sol chaque élément figuré du sang et son plasma. Ces quatre forces sont : 1° La vis à tergo ; 2 les systèmes des valvules sig moides; 3° la contraction musculaire ; ke le système des vases communicants: entre le ventricule droit et les poumons. Nous subissons les deux premières forces : « La Vis à tergo et les valvules: sigmoïdes » ; nous avons une action par la volonté sur les deux autres forces : la: contraction: musculaire et les vases communicants.

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Ke Voilà pourquoi, chaque fois qu’on veut faire passer plus de sang dans

les poumons il faut d’abord songer au cœur pour sa mise en train pro-

gressive ; de même pour la mise en train progressive du champ d’épan-

dage pulmonaire. Il ne faut jamais oublier que la mise en train de l’élas- ticité du cœur et des poumons doit être établie progressivement, mais non tout à coup, violemment en « coup de bélier ». De même qu’on risque de rompre un tissu élastique n’aÿant pas fonctionné depuis quelque temps, si on le tend tout à coup trop violemment, mais qu’il faut auparavant le mettre en train pour lui faire acquérir son maximum d’élasticité, de même on doit agir progressivement pour la mise en train du cœur et des pou- mons. Il faut donc provoquer méthodiquement l’élasticité du cœur péri: phérique : capillaires, artérioles, artères, veines, au début de toute séance de gymnastique ou de sport. L'importance en éducation physique de la circulation veineuse de retour est capitale. Il faut en assurer tout d’abord le libre jeu; sans cette précaution initiale on risque de forcer le cœur et les poumons. > l - La gymnastique allemande de suspension qui met tout à coup le corps humain en fonction maximum vis-à-vis de la lutte conire l'attraction terrestre, lutte d'autant plus grande et pénible que le poids du sujet est plus lourd, provoque tout à coup un travail énorme du cœur, non seulement par une circulation de retour plus intense imposée sans mise en train préalable du cœur et des poumons, mais par la compression de la cage thoracique due à la contraction violente des pectoraux opposant à Finspiration une sangle musculaire rigide et emprisonnant ainsi les organes élastiques de vie, le cœur et les poumons. C’est précisément au moment . où le maximum de sang veineux de retour arrive aux poumons que cette gymnastique resserre leur champ d'épandage ; c’est le moment où la cir- culation de retour est la plus intense que le cœur est comprimé de dehors en dedans par la sangle pectorale et à sa partie interne par l’afflux du sang venant des veines caves et le reflux du sang venant de l'artère pulmonaire ; les poumons, ne pouvant recevoir tout le sang énvoyé par le ventricule droit, lé repoussent ; c’est Le coup de «bélier ». Ce coup se pro-

__ duit dans tous les sports, dans l’escrime entre autres, quand la mise en

train a été trop violente ét trop rapide, C’est ce qui se passe avec la gymnastique allemande, sport aérien à poids lourd et brutal pour le cœur, ‘appliqué jusqu’à ce jour à l’enfance et à l’adolescence en voie d’évolution. Je dois maintenant établir les règles qui président, d’après la méthode suédoide, à la mise en train rationnelle de la circulation et de la respiration, ainsi qu'à la répartition des mouvements de gymnastique à chaque __ région du corps en vue d’un meilleur entraînement des grandes fonctions biologiques humaines : la respiration, la circulation, la digestion, les sécrétions, l’innervation, la musculation.

On ne peut aboutir qu'à la condition de discipliner le mouvement et … d'établir une classification qui fixe sa manière d’être. ù La gymnastique rationnelle par le mouvement discipliné ne peut être appliquée qu’à la condition de bien connaitre la valeur des six manières

d’être suivantes :

À LES SIX MANIÈRES D'ÊTRE DU MOUVEMENT DISCIPLINÉ Les six manières d’être du Mouvement discipliné sont : lo Les deux gymnastiques :

a) de formation ; -. … b) d'application. | à - 2% Les cing points d'appui du corps humain pris sur le sol et au-dessus . dusoli |

3e Les cinq facteurs du mouvement s’ ‘appliquant à Ja te et à A

puissance des leviers articulaires ; Lo Les trois moments du AO benteRt au cours de son uns ;

5o Les douze répartitions du mouvement dans lesquelles le corps humain Le

est mis en fonction au moyen des quatre manières d’être du mouvement :

FM

Gymnastique, Points d'appui, Facteurs du mouvement, Moments du mou-

vement ; 6° Les quatre catég'ories des exercices avec ou sans agrès.

Reprenant cette classification, je dois dire ce qu’il faut entendre par

chacune des six manières d'être Cr mouvement.

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