‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 121 sur 443 · SUJET DE COMMENTAIRE ÉCRIT PROPOSÉ PAR LA FACULTÉ DE LILLE · texte numérisé non relu

SUJET DE COMMENTAIRE ÉCRIT PROPOSÉ PAR LA FACULTÉ DE LILLE

La mort et le bûcheron.

Un pauvre bûcheron, tout couvert de ramée,

Sous le faix du fagot aussi bien que des ans

Gémissant et courbé, marchait à pas pesants

Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.

Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur, 5

Il met bas son fagot, il songe à son malheur.

Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?

En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?

Point de pain quelquefois, et jamais de repos :

Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts, lo

Le créancier et la corvée Lui font d'un malheureux la peinture achevée.

Il appelle la Mort. Elle vient sans tarder, Lui demande ce qu'il faut faire.

« C'est, dit-il, afin de m'aider i5

A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère. »

La Fo?jtaine, I, i6.

Etudier cette fable, en la comparant au sec et prosaïque apologue de Boileau que voici :

Le dos chargé de bois, et le corps tout en eau, Un pauvre bûcheron, dans l'extrême vieillesse, Marchait en haletant de peine et de détresse.

2o6 l'esprit classique au xyii*^ siècle

Enfin, las de souffrir, jetant là son fardeau, Plutôt que de s'en voir accablé de nouveau, Il souhaite la Mort, et cent fois il l'appelle. La Mort vient à la fin : « Que veux-tu ? cria- 1- elle... — Qui, moi ? dit-il alors, prompt à se corriger. Que tu m'aides à me charger. »

(Poésies diverses, pièce a8.)

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