III. — La crise finale
Dans La Fontaine et dans Boileau — vers par vers (il n'y en a que quatre !).
Le moment est venu de rédiger notre préambule. Profi- Tons vite de l'instant où nous apercevons l'ensemble du sujet, pour formuler l'idée générale qui fournira le début et la conclusion.
I^réambule,
i" phrase (un procédé banal) :
Rien ne montre mieux le talent de La Fontaine que la comparaison.
2o8 l'esprit classique au xvii^ siècle
si souvent répétée, entre ses vivants chefs-d'œuvre et les sèches matières d'Esope.
2^ série de phrases (an procédé moins banal) :
Boileau, pourtant, a pris soin de nous fournir un point de comparaison plus curieux encore. Si la naïveté d'Esope est instructive, la maladresse de Despréaux l'est peut-être davantage ; la gaucherie de son imitation, qu'il s'attaque à la fable de V Huître et des Plaideurs, ou à celle de la Mort et du BûcheroUy nous fait apprécier à merveille l'art délicat de La Fontaine.
Dernières phrases (la différence essentielle entre les deux poètes) :
Tandis que La Fontaine excelle à noter les détails utiles, les détails dramatiques, les détails pittoresques, en négligeant les autres, Boileau s'attache à noter ce qui n'est pas intéressant pour négliger l'essentiel. Autant l'un pratique l'art de composer et de choisir, autant l'autre, qui pourtant était loin de l'ignorer, semble l'avoir oublié dans sa malheureuse tentative. Nous allons voir cette différence dans l'examen comparé des deux récits.
3^ travail : Recherche des arguments, dans chacun des six paragraphes.
L — L'exposition et le portrait du principal personnage.
I. L'image dans La Fontaine et le choix des épithètes (v. i-A).
^^ — Ce qu'on aperçoit de l'homme, dans le sentier:
— un fagot qui marche — « tout couvert de ra-
mée » ;
— d'autant plus qu'il s'agit d'un vieillard
« courbé ».
(V. un tableau connu d'Emile Adan.)
B. — Ce qu^on entend:
— le gémissement de l'homme;
— le bruit de ses pas.