‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 138 sur 443 · L^ESPRIT CLASSIQUE AU XVK* SIECLE · texte numérisé non relu

L^ESPRIT CLASSIQUE AU XVK* SIECLE

de trouver quelque terrain d'entente. — Passez aux vers suivants, de B.

— ... Et qu'à vos yeux, Seigneur, je montre quelque joie De voir le fils d'Achille et le vainqueur de Troie.

— Quel est le troisième caractère du style diplomatique? Nous l'avons vu déjà solennel^ déférent... Il est, de plus...

de B. — Obséquieux.

— Le mot est trop sévère. Sa « joie » est toute naturelle : on ne voit pas tous les jours le fils d'Achille et le vainqueur de Troie. Dites simplement qu'il est complimenteur. Il est même tout naturel que l'ambassadeur insiste et qu'il consacre toute une période, savamment balancée, au panégyrique du souverain auprès duquel il est accrédité. Il y a toujours à dire du bien d'un homme puissant. S'il est belliqueux, on célèbre son courage ; s'il est pacifique, sa sagesse; s'il est insignifiant, son humanité. Ici, Pyrrhus a un mérite qui n'est pas rare, un de ceux qui assurent les plus belles carrières : il est fils de son père ! De là un parallèle, indiqué dans le premier vers :

Oui, comme ses exploits nous admirons vos coups,

répété dans le second (on ne redit jamais trop les choses agréables à entendre) :

Hector tomba sous lui, Troie expira sous vous,

et couronné d'un double panache dans les deux derniers :

Et vous avez montré, par une heureuse audace, Que le fils seul d'Achille a pu remplir sa place. Mais...

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