Première partie : La plainte
Dans la première partie elle-même, la conjonction mais, au vers 9, nous avertit que l'orateur retire, du vers 9 au vers 12, ce qu'il a dit dans les huit premiers. Jusqu'au vers 9, il accumule les compliments d'usage, destinés à amortir le coup ; du vers 9 au vers la, il se décide à énoncer la plainte.
L — Les compliments préliminaires (v. 1-9).
— Quel est, d'après les deux vers du début, le prei caractère du style diplomatique ?
B. — La solennité... L'ambassadeur a conscience de représenter des peuples, et quels peuples! La Grèce entière
(i) V. La Classe de Français, p. go : Analyse du chapitre de Legouvé iU la mémoire.
l'art d'apprendre une leçon 2 2 l
5a voIk ne peut se faire trop grave ni trop sonore pour m pareil écho. G est là qu'il faut entendre le timbre de ^lounet-SuUy !
Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix...
— Vous l'avez entendu ?
— Oui, Monsieur, tout récemment.
— Heureux homme! — Le second vers ne vous paraît-il 3a3 ajouter une nuance de plus?... A la solennité l'habile irobassadeur joint une déférence, une politesse extrême ; et :'est le second caractère du st} le diplomatique :
Souffrez que j'ose ici me flatter de leur choix...
1 Souffrez, dit-il, employant un terme déjà un peu suranné, emprunté au vocabulaire de la plus antique politesse... Il )se à peine, il est flatté... C'est un gentleman accompli... Frop accompli! Car on sait que cette politesse ne vient pas iu cœur. Elle est simplement ordonnée par les usages, c'est Jjme modestie de commande, une modestie... i La classe. — Officielle !
1 de B. — Elle n'est pas sincère.
— Ici, vous allez un peu loin. Elle peut être à la fois officielle et sincère. Il y a des cas où, dans les réceptions... I officielles, l'orateur dit ce qu'il pense en témoignant de son respect ou de son dévouement pour le personnage non inoins officiel qui le reçoit. Je vous accorde pourtant que
e cas ne se présente pas toujours. Or, même si l'orateur
)ense le contraire de ce qu'il doit dire, son langage sera,
omme celui d'Oreste, d'une déférence irréprochable. Aussi
:e genre de cérémonies devient-il de plus en plus rare dans
l'iministration, qui les juge inutiles dans la première hy-
hèse, et fâcheuses dans la seconde. Les mots oiseux ne
it plus guère reconnus d'utilité publique que dans la
liplomatie. Vous voyez pourquoi : parce que, dans la di-
>îoinatie, ils restent nécessaires; ils tiennent de la place;
tout gagner du temps ; il permettent de ne pas échanger
les mots durs dès le premier moment ; ils laissent l'espoir