Dialogue
Dans la bibliothèque du château de la Brède...
Montesquieu lit le « Siècle de Louis XIV », paru Vannée précédente. Un vieux gentilhomme lui rend visite. Vous reproduirez leur conversation. (Février 1^52.)
Le marquis félicite Montesqxiicu de sa lecture. Pour lui, il admire, de toutes manières, le livre de M. de Voltaire, surtout dans l'éloge du grand roi. Montesquieu ne l'approuve qu'à moitié ; il reproche à Louis XIV son despotisme, et la France lui paraît gouvernée « à la turque ». Combien il est regrettable que Voltaire n'ait pas mieux vu l'importance de la liberté politique ! Quelle valeur cette idée n'auraitelle pas donnée à ses pages fines et profondes sur la vraie civilisation ! Le marquis se laisse peu à peu convaincre. Tous deux mêlent à leurs appréciations littéraires et philosophiques sur les idées de Voltaire quelques considérations sur les événements du jour, l'indignité du gouvernement, l'imprévoyance des partis, le manque d'esprit politique de toutes les classes de la nation... La France paiera toutes ces fautes ; le spectacle du siècle de Louis XV aide à porter, malheureusement, sur celui de Louis XIV un jugement plus sévère que celui de M. de Voltaire.
Pages à consiilter dans les Extraits du Journal de d'Argenson :
LA. DÉFINITION DES GOUVERNEMENTS SlQ
Despotisme : p. iSg et i55 — Dépenses : iA4, 162 — Désordres populaires: i3i, i^o, i55, iSg, i45, i46, 171, 167, 169, i5o, i5i, 1^9, i33, i35 — Désordre de la cour et de Tadministration : 1^8, 167, i64 i46, 122, i54, 161, i45, i5o, 161, i65, 176 — Formules révolutionnaires: i3o, i34, 180.
Voir aussi :
AuBERTiN, La société du XVIII^ siècle d'après les Mémoires ;
RocQUAiN, L'esprit révolutionnaire avant la Révolution.
JuLLiAN, Extraits de Montesquieu: sur l'Angleterre, p. 193-223 — sur la France, p. 225-254 (remarquer surtout la page 253) — sur le Parlement, p. 76.