‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 201 sur 443 · Les protestations de Vhumanité · texte numérisé non relu

Les protestations de Vhumanité

« Eh, pourquoi mon amant... »

(V. Brunetière, p. 280.)

de M. fera le même travail sur cette seconde tirade.

l'humanité dans ZAÏRE 3^9

Ces sentiments nous rappellent ceux des héroïnes de 'Corneille, Chimène et surtout Pauline. Mais l'expression en est bien différente. On sent que les idées ne sont plus Jes mêmes vers 1782 que vers i636 ou 1643. Pauline gémit, pleure, supplie, mais elle ne s'appuie pas, pour protester contre l'enthousiasme excessif de Polyeucte, sur une doctrine philosophique. Ses plaintes nous touchaient, elles {ne nous troublaient pas. Zaïre, au contraire, fait appel à d'autres sentiments que la simple pitié : en elle la raison ne proteste pas moins que la sensibilité ; elle trouve les exigences des siens aussi mal fondées que barbares, et ce que nous appelions transports d'enthousiasme chez Polyeucte, nous sommes bien tentés de l'appeler fanatisme chez le frère de Zaïre. Ce genre de pathétique annonce déjà, chez Voltaire, l'apôtre de la tolérance et de l'humanité.

COMPTE RENDU DE LA CLASSE

Analyse de la conférence de Brunetière.

A. — Plan de la partie la plus importante fait au tableau par l'élève B.

Voltaire rend émouvant le sujet de Zaïre :

i) par la peinture touchante des femmes qu'il a connues :

— Âdrienne Lecouvreur ;

— Mademoiselle Aïssé ;

— M"ie du Châtelet. (P. 266-271.)

3) par diverses nouveautés séduisantes :

— la peinture des mœurs du xviiie siècle ;

— la couleur locale ;

— le christianisme pittoresque, à la manière de Chateaubriand.

3) et surtout par une forme nouvelle, toute moderne, du pathétique : la pitié pour les victimes innocentes.

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