‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 218 sur 443 · UNE EXPLICATIO?{ EN SORBONNE · texte numérisé non relu

UNE EXPLICATIO?{ EN SORBONNE

core la méthode de rapprochement entre le texte expliqué et IX où Diderot a donné la définition des mots, tels qu'il les mprenait.

Je ne vais ici que vous donner le schéma du dévelop-^ iment très abondant, très nourri de textes : d'abord rce que je ne puis pas vous mettre entre les mains les os volumes de l'édition Assézat, que le professeur avait sa portée; ensuite parce que les détails eux-mêmes, très lies à des étudiants, seraient un peu minutieux pour »us. Je passe donc les explications d'où il résulte que la jon de danse, pour Diderot, n'est qu'une leçon de mainn, et que la décence (déviée de son sens usuel, rapprolée de son sens étymologique) signifie uniquement « ce li convient dans le monde », « ce qui est conforme aux enséances mondaines ». Je passe, malgré son intérêt, la éorie de Diderot sur le récitatif expressif, d'où il résulte l'une leçon de chant est surtout à ses yeux une leçon de ononciation. Encore que dans la pratique, sinon dans la éorie, beaucoup d'élèves de Première en auraient un •and besoin ! Le paragraphe sur le mot musique a été (nstruit ensuite comme le développement de la première irtie sur l'expression raisonner juste. Après une définition înérale (Diderot estime dans la musique l'harmonie^ est-à-dire la partie où il entre le plus d'intelligence), la lèse est démontrée à l'aide de trois textes empruntés :

i) aux Principes d'harmonie ;

2) à la Correspondance de Grimm (passage sur l'entrée^ î Bemetzrieder chez Diderot, certainement écrit par Di- 3rot — éd. Assézat, t. XII, p. 626);

3) au quatrième Dialogue (éd. Assézat, t. VII, p. 289).

Je n'ai pu saisir que cette fois-là les chiffres des réfé- 3nces, n'étant pas sténographe. Mais vous ne doutez pas^ ien entendu, que pour tous les textes celles-ci n'aient été 'es exactement signalées. Là est l'a 6 c de la méthode; et 'ailleurs, sur ce point, vous commencez à l'appliquer e vous-mêmes. Vous devenez des hommes exacts.

C'est ce que veut M. Lanson ! C'est ce que veut aussi

Diderot. Mais n'allez pas croire que cette rigueur fass d'eux, d'une autre manière, des tyrans rébarbatifs, tyran des mots et des syllabes, et bourreaux de la jeunesse Non, Diderot et son interprète restent aussi attachés, dan la troisième partie de l'explication que dans les deux au très, à cette qualité précieuse que nous avons saluée ave eux dès les premières lignes : la modération, la mesure le sens de la vie pratique... Et, après avoir écarté les par tisans de l'éducation frivole, après n'avoir gardé de leur théories que les qualités sans les défauts, ils se retourner vers d'autres adversaires. Ces adversaires, on ne les voi pas, mais on les devine, et M. Lanson les amène un instan sous nos yeux, en pleine lumière, suivant son second pro cédé : le rapprochement entre le texte de fauteur et les idées d ses contemporains. Le Neveu de Rameau est réduit au si lence ; Diderot ne tient pas le moindre compte de sa sur prise indignée devant la suppression « de toutes les chose essentielles ». Mais il met au jour un programme capabl d'en inquiéter beaucoup d'autres, pour la raison contraire « de la grammaire, de la fable, de l'histoire, de la géogra phie, un peu de dessin et beaucoup de morale ». Ce serai encore trop, beaucoup trop pour Rameau ! Ce n'est pai assez, en revanche, pour certains de ses contemporains précisément pour ceux qui, à ce moment, crient le plui fort. Ceux-là étaient tournés vers l'avenir; ils étaient évidemment plus sympathiques à Diderot; ils demandaient dans les collèges de garçons, une instruction plus complète, fondée surtout sur les sciences; quelques-uns, précurseurs du féminisme, réclamaient pour les jeunes lîlleî l'égalité ; l'un d'entre eux môme (qui n'a pas son extrême gauche?), la supériorité, (i) C'était un joli concert! L( Neveu de Rameau, commencé sans doute en 1 76 1 , repris après 1 77 1 ou 1 77a (remarquez ici la manière dont il faut utiliser h chronologie), est d'une époque fertile en réformateurs Rarement plus d'ouvrages (a), gros ou minces, depuis les

(i) V. AscoLi, Bévue de synthèse, 1906.

(3) M. Lanson a dii, à cet endroit, alléger son développement et réserrei pour la leçon suivante des indications plus détaillées :

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