CONSEILS
L'abbé d'Olivet, grammairien distingué, grand admirateur du XVII* siècle, auteur d'une Histoire de l'Académie française, et lui-même académicien, avait fait partie quelque temps de là Compagnie de Jésus. Il avait été, à ce titre, sous le nom de Père Thoulier, préfet des Etudes au collège Louis-le-Grand lorsque Voltaire y était élève. Le professeur et l'élève avaient conservé depuis les plus cordiales relations, et l'abbé d'Olivet eut la satisfaction de recevoir Voltaire à l'Académie.
Vous supposerez qu'il recommande la candidature de Voltaire à l'un de ses confrères, un grand seigneur assez libéral, qui hésite fort, pourtant, à voter pour l'auteur des Lettres anglaises. Voltaire avait échoué deux fois déjà, et n'entra que cette année-là (1746) à l'Académie française.
N. B. — C'est le moment où l'écrivain est reçu avec faveur à la cour. Protégé par M™e de Pompadour, il ne cesse, de 1742 à 1747» de voir grandir sa fortune. Chargé, en 1743, d'une mission secrète à Berlin, il compose des opéras qui sont représentés à Versailles et célèbre la victoire du roi dans le poème de Fontenoy (1745). U est nommé historiographe de France et gentilhomme de la chambre.
Date de ses principaux ouvrages :
— Œdipe, 1718. — La Henriade, 1728. — Zaïre, 1783. — Le Temple du goût, 1788. — Charles XII, 1785. — Lettres anglaises, 1785 (brûlées par la main du bourreau). — Le Mondain, 1786. — Eléments de la philosophie de Newton, l'jSS. — Alzire, 1786. — Mahomet, 1743 (dédié au pape).
Enfin, l'abbé d'Olivet est au courant des travaux de Voltaire sur le siècle de Louis XIV, quoique l'ouvrage ne doive pas paraître avant
CORRECTION
I. — Correction des sept premières copies. Critiques relatives à la composition.
Sept élèves seulement dépassent la moyenne, s'échelonnant de 10 à 16. L'expression, chez eux, est correcte, parfois élégante et vive ; mais la composition laisse à désirer. Ils ne savent ni distribuer les idées en trois ou quatre développements, ni construire avec méthode chacun de ces paragraphes. Ils connaissent bien le sujet, ils donnent beaucoup d'exemples à l'appui des idies qu'ils avancent, mais ils les laissent dans un demi-désordre qui n'a certainement pas l'excuse d'être un effet de l'art,
B. (le premier). — Je m'en suis bien aperçu, mais je ne sais pas composer un dialogue.
— Je me rappelle, en effet, qu'en me remettant votre copie, vous avez exprimé le regret de n'avoir pas eu à traiter le sujet sous forme de lettre. Et je vous ai répondu que vous vous laissiez effrayer par un fantôme. Le plan d'un dialogue est à peu de chose près le morne que celui d'une dissertation. La preuve en est que vous l'avez presque trouvé, d'instinct. Nous n'aurons qu'à modifier légèrement votre devoir pour le rendre tout à fait clair.
Voici le plan que nous adopterions dans une lettre de l'abbé d'Olivèt à son noble confrère :
Préambule et Première partie : Les deux opinions en présence.
Deuxième partie : Le talent de Voltaire homme de lettres. Transition : L'objection : ses idées philosofiluques. Troisième partie : Double réponse à Cobjection : Ce qu'on peut dire pour ou contre Voltaire :
a) sur ses idées politiques ; h) sur ses idées religieuses.
VOLTAIRE ET l' ACADEMIE ^25
Vous verrez que toutes les idées exprimées par vous peuvent être mises dans cet ordre.