‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 32 sur 443 · Différences · texte numérisé non relu

Différences

L'un de ces livres est une oeuvre de polémiqaef l'autre d'apologétique. L'un attaque des hommes, l'autre ne défend que des idées (sauf exception : v. éd. Brunschvigg, i4* partie).

De là, forme différente :

i) de V esprit.

Toutes les sortes d'esprit se trouvent dans les Pensées, aussi bien celui des Provinciales que les autres.

Mais l'esprit des Provinciales nous frappe davantage peut-être, parce qu'il est d'une nature tout à fait particulière: les qualités de l'auteur comique dans les Petites^ lettres, — dans les quatre premières surtout.

2) de Véloquence.

De même, dans les Pensées nous trouvons presque tous les genres d'éloquence, depuis la plus familière jusqu'à la plus sublime.

Mais dans les Provinciales les qualités oratoires sont encore plus visibles, surtout quand le polémiste est soutenu par l'indignation. Lire la iS*^ Provinciale, sur la morale des Jésuites, sujet fécond et populaire, pour lequel l'auteur avait abandonné la question de la Grâce dès la 5^ Lettre.

IL — Texte à étudier en détail.

Allez donc, je vous prie, voir ces bons pères, et je m'assure que vous remarquerez aisément dans le relâchement de leur morale la cause de leur doctrine touchant la Grâce... Gomme leur morale est toute païenne, la nature suffit pour l'observer. Quand nous soutenons la nécessité de la Grâce efficace, nous lui donnons d'autres vertus pour objet... C'est pour une vertu plus haute que celle des pharisiens et (les plus sages du paganisme. La loi et la raison sont des grâces suffisantes pour ces effets (les vertus païennes). Mais pour dégager l'âme de l'amour du monde, pour la retirer de ce qu'elle a de plus cher, pour la faire mourir à soi-même, pour la porter et l'attacher uniquement à Dieu, ce n'est l'ouvrage que d'une main toute-puissante.

Page 1