II. — Seconde série d'extraits
Témoignage de Lamartine sur le goût classique vers i8o5.
1 . Souvenirs sur les lectures recommandées par les Jésuites de Mâcon (p. xi).
— La pénible traduction des poètes anciens.
— Le P. Ducerceau, M""^ Deshoulières ; la parodie dans Boileau.
2. Charmant portrait : un poète pseudo-classique, un contemporain de Parny... « Bouquets à Ghloris ! » (p. vi-x).
Il rend visite, en Bourgogne, à un vieil ami de son père, retiré au bord des bois. Il décrit sa demeure rustique et raconte que le vieillard lui récita ses poésies :
C'était la description d'une fontaine sous des châtaigniers, au bord de laquelle des jeunes filles déposent leurs cruches à l'ombre, et cueillent des pervenches et des marguerites pour se faire des couronnes;
un mendiant survenait, et racontait aux jeunes bergères l'histoire d'Aréthuse, de Narcisse, d'Hylas, des dryades, des naïades, de Thétis, d'Amphitrite, et de toutes les nymphes qui ont touché à l'eau douce ou à l'eau salée. Car ce vieillard était de son temps, et en ce temps-là aucun poète ne se serait permis d'appeler les choses par leur nom...
Vous reconnaissez là le défaut des poètes pseudo-classiques, celui que nous avons remarqué dans l'abbé Delille, i l'abus de ce que Buffon appelait « les termes généraux ». Et Lamartine termine en y opposant la sincérité romantique :
Je suis le premier qui ai fait descendre la poésie du Parnasse, et qui ai donné à ce qu'on nommait la Muse, au lieu d'une lyre à sept cordes de convention, les fibres mêmes du cœur de l'homme, touchées et émues par les innombrables frissons de l'âme et de la^ nature.
Il ne nous resterait plus, si nous ne cherchions la poésie que dans les vers, qu'à passer à l'étude des Médita-' iions. Mais je désire; auparavant, revenir au grand prosateur qui, plus encore que les poètes, a créé le romantisme ; et nous consacrerons deux classes à l'art de Chateaubriand