‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 374 sur 443 · I. La marche sous la neige · texte numérisé non relu

I. La marche sous la neige

Le paysage.

a) La vérité des images simples : neige — Moscou fumant — plaine blanche — troupeau.

6) Les procédés de grossissement:

— le plus simple : la répétition :

« Il neigeait... » Etude du rythme dans la première partie.

— le plus savant: la couleur et le son des épithètes, d'autant plus difficiles à trouver qu'il s'agit de décrire le silence et la solitude, des choses sourdes, des choses vides, des choses blanches ou grises, sans nuances, sinon

l'imagination de VICTOR HUGO 63 Q

sans couleurs. Mais le poète possède toutes les ressources du peintre et du musicien :

... La solitude vaste, épouvantable à voir...

... Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse

Pour cette immense armée un immense linceul.

La Grande Armée.

a) Simplicité presque triviale:

— troupeau.

— les blessés s'abritaient dans le ventre... des chevaux morts.

(Trait emprunté à Chateaubriand(i), qui l'avait lui-même recueilli de témoins oculaires — Ce n'est pas la seule image que Victor Hugo doive ici à l'ancêtre commun de tous les romantiques.)

— pas de pain — les pieds nus.

h) Grandeur de V effet, obtenu de deux manières opposées :

— vive lumière projetée sur des figures plus grandes que nature :

... les clairons à leur poste gelés... blancs de givre... Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.

... les grenadiers... la glace à leur moustache grise.

— le mystère du clair-obscur, qui grandit autrement les choses, en effaçant les contours :

C'était un rêve errant dans la brume, un mystère, Une procession d'ombres sous le ciel noir.

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