C. — Double réponse
Ray Blas est médiocre, même si l'on n'y considère que le mélodrame — Exemples meilleurs empruntés à Dumas et à d'Ennery.
Tragédie.
Tu reconnaîtras donc qu'à un mauvais mélodrame on puisse préférer une bonne tragédie. Ce que j'aime, précisément, chez Racine, c'est la loyauté du poète : il ne me promet pas de surprises merveilleuses; il me laisse même prévoir, peu à peu, le dénouement; il s'adresse en moi non pas à une curiosité vulgaire, mais à une noble curiosité : je désire connaître de lui les mobiles secrets des actes humains, et je prévois d'autant mieux les conséquences de l'amour chez Pyrrhus ou Oreste, de la fureur jalouse chez Hermione, de la piété conjugale ou de la tendresse maternelle chez Andromaque, que le poète m'a permis de suivre la longue s^^rie de leurs réflexions, de leurs hésitations, de leurs cruelles angoisses. Victor Hugo commet donc une erreur radicale sur les véritables moyens d'expression dramatique : il cherche à intéresser l'auditeur par une succession d'incidents
t rangers à l'analyse du caractère des personnages; tandis que Racine ;i trouvé dans le développement naturel des caractères tous les ressorts de l'action. Je n'irai pas jusqu'à dire que les caractères dans liuy Blas ne sont pas vivants...