LA SC1E^'CE ET LA POÉSIE
qu'elle n'a pas empêché Vigny d'écrire ses plus beauxpoèmes, Sully Prudhomme de s'inspirer des procédés mêmes de la science, Leconte de Lisle d'en célébrer 1? beauté...
Je crois bien, du reste, que vos prédécesseurs n'avaient pas sur ce point-là plus de lumières que vous ; vous apprendrez sans surprise qu'ils choisirent avec ensemble un des deux autres sujets.
Essayons du moins de rédiger les parties qu'un bor* élève, même s'il ignore les poètes, devrait pouvoir écrire, pour peu qu'il eût une idée de ce qu'est la science.
Préambule.
Nous entendons dire tous les jours que îa poésie se meurt. On vr» même jusqu'à nommer son meurtrier, et l'on déclare qu'elle est tuée par la science. Un académicien se demandait, tout récemment, si « la lumière brutale de la science n'allait pas dessécher cette fleur délicate », si les illusions du passé ne lui furent pas plus favorables qu^ les vérités actuellement triomphantes. Etrange question, au lendemain do la mort de Leconte de Lisle, vingt-cinq ans après celle de Victor Hugo, devant nombre d'hommes qui ont pu, sans être des centenairesconnaître personnellement Lamartine, Vigny et Musset ! Comme sj leurs œuvres n'étaient pas à la fois un témoignage dans le passé, un gage d'espérance pour l'avenir 1