‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 424 sur 443 · JUGEMENT DES ELEVES SUR LE THEATRE 7II · texte numérisé non relu

JUGEMENT DES ELEVES SUR LE THEATRE 7II

vois pas d'inconvénient, quand les pièces sont aussi bien faites que celle de M. Bourget, à ce qu'on les mette au théâtre. Si nous avions le temps, je vous lirais volontiers, dans ce genre, quelques scènes des Ventres Dorés, de <So«.s Vépaulette, de la Clairière, de la Retraite (traduite de l'allemand). . . Mais peut-être est-il heureux que nous n'en ayons pas le temps. Nous serions entraînés bien loin ! — Est-ce tout ce que vous avez à dire?

B. — Je trouvais aussi que ces messieurs ne parlent guère du style...

— Il est convenu que le style ne compte pas au théâtre!...

G. — On ne peut pas, en effet, juger un auteur dramatique comme un romancier... Il ne parle jamais lui-même ; il reproduit le style de la conversation...

de M. — Et pas toujours de la conversation mondaine. . .

de B. — Les ouvriers, dans la Barricade...

B. — Alors, disons que ce style a des qualités particulières, mais non pas qu'il n'en a aucune. C'est un grand mérite pour un écrivain de reproduire exactement la vie, et son style est excellent lorsqu'il est conforme à la réalité.

— Je voulais vous amener là! C'est évidemment ce que pensent, avec Sarcey, les critiques de son école, lorsqu'ils affirment qu'au théâtre le style ne compte guère. Il compte beaucoup, à vrai dire. Seulement, une pièce ne peut pas être écrite exactement comme les autres genres; l'incorrection est parfois permise, recommandée ; les qualités pour ainsi dire « négatives » du style deviennent tout à fait accessoires... Pour y avoir attaché trop d'importance, Fénelon a mal apprécié la langue savoureuse et forte de Molière... En revanche, les qualités positives sont les mêmes...

B. — La force et l'éloquence.

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