‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 57 sur 443 · Aujourd'hui : la société américaine · texte numérisé non relu

Aujourd'hui : la société américaine

Son principe : la justice,

— opprimée en Europe par l'Église;

— ici, fondée sur l'Évangile.

a. h'égalité démocratique. (Deux phrases.)

b. La liberté républicaine. (Deux phrases.)

c. hdi fraternité dans l'association. (Deux phrases.)

La tolérance et la liberté de penser.

Conclusion, rappelant la Première partie.

Remarquez le mouvement de ce paragraphe. Comme toute espèce de rj^^thme, le rythme oratoire se compose de deux éléments : l'un fixe et l'autre variable. Quatre fois, à intervalles égaux, nous entendons revenir la même tournure, le même temps marqué : « Nous savons que... et nous avons écrit... » Mais, chaque fois, nous voyons apparaître de nouvelles idées, des citations nouvelles. De même, dans la première partie, la même tournure : « Rappelez-vous... » revenait trois fois, mais chaque fois la phrase s'ékmçaitplus hardie, plus sonore et plus ample... Voilà ce qu'il y avait d'excellent dans ces vieux discours. Le mouvement oratoire est le plus facile de tous à découvrir; il portait les débutants, il les aidait, par l'oreille, à mettre de l'ordre dans leurs idées ; et si parfois il les encourageait à déclamer quelque peu, à parler ore rotundo, ce travers était infiniment 4 préférable à l'actuelle cacophonie. Il disparaissait avec l'âge, la réflexion, les nécessités pratiques d'une carrière déterminée ; il n'empêchait pas About et Sarcey d'être des hommes pleins d'esprit, Claude Bernard et Berthelot d'écrire aussi bien qu'ils pensaient (i); et beaucoup d'autres, moins illustres, médecins ou professeurs, ingénieurs ou négociants, de mettre autant de netteté que d'élégance dans leur style. Je doute que les procédés dits « réalistes » donnent de meilleurs résultats.

(i) Y. dans un article récent de M. le Chatelieb {Pevae scientifique, 3i décembre 1910), une comparaison entre Lavoisier, ancien prix d'honneur au Concours Général de 1760, et Victor Regnaull, auquel manqua toujours, ditr-il, l'art de composer et d'écrire.

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