‹ De la méthode littéraire; journal d'un professeur dans une classe de premiereChapitre 73 sur 443 · I02 L ESPRIT CLASSIQUE AU XVU* SIECLE · texte numérisé non relu

I02 L ESPRIT CLASSIQUE AU XVU* SIECLE

hier soir, à la représentation de votre charmante pièce, les derniers survivants de l'hôtel d'.Vrthcnicc. Consolez môme d'une parole aimable celle qui montra dans lo Grand Cyrus (je vous abandonne la Clélie) des qualités très supérieures à l'esprit de M. de Mascarille et vous ne déplairez pas, loin delà, au parterre qui vous applaudit d'une manière si chaleureuse. Nobles ou bourgeois, nous aimons tous, en France, les gestes élégants et les mots généreux. Nous attendons de vous l'un et l'autre.

C'est dans cette confiance, Monsieur, que j'ai l'honneur d'être Hiille fois votre très dévoué serviteur.

Permettez-moi de revenir sur un passage où la collaboration entre l'élève et le correcteur est assez instructive : notre confession vous fera mieux comprendre comment on apprend à écrire.

Vous avez peut-être remarqué le passage relatif aux services rendus par les Précieux (II, 2 : Grâce à elles). Trois phrases nous ont suffi pour les énumérer. Il n'avait pas fallu moins de trois pages à B. — Eh bien! je vous assure, sans vous en infliger la lecture, qu'il n'y avait rien de plus dans ses trois pages que dans nos trois phrases. En revanche, il y avait quelque chose de moins : le mouvement. Certes, nous ne sommes pas des poètes ! Mais, je vous l'ai dit, après Cicéron, après Balzac, et beaucoup d'autres, il y a un rythme dans la prose, et ce rythme est pour nous un guide précieux, lorsque nous l'avons saisi. Il nous entraîne et nous retient ; il nous aide à sentir d'instinct ce qu'il est nécessaire de dire pour que la phrase soit bien pleine, ce qu'il est utile de taire pour qu'elle ne soit pas alourdie. Une phrase — vous le voyez tous les jours dans les auteurs — est un petit paragraphe : elle se compose de plusieurs parties, qui doivent être entre elles dans un juste équilibre ; elle se rattache à la précédente et à la suivante, qui lui imposent par leur voisinage son organisation ; ce sont des flots qui se suivent et se poussent et s'élèvent par un effort continu, jusqu'à ce qu'ils se brisent au rivage, c'est-à-dire à la limite assignée par le raisonnement. Les nôtres ont pris toutes les trois, instinctivement, la môme forme. Ce sont trois exclamations: Quelle... Comme...

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Comme... La première est divisée en trois parties de longueur égale; les deux autres en deux moitiés plus étendues, mais également symétriques. — Croyez bien, du reste, que nous n'avons rien calculé, rien mesuré! Ces choses-là doivent se faire d'instinct. Il faut écrire ce à la bonne franquette », sans recherche et sans système. Mais il faut, d'autre part, s'être mis dans l'oreille, par la lecture des auteurs classiques, par la récitation de passages bien choisis, par des leçons intelligemment apprises, le nombre et Vharmonie de la langue maternelle. Quand vous le faites de bonne heure, avec suite et avec goût, vous vous habituez sans effort à imiter cette musique, et vous entendez en vous-même, à mesure que vous écrivez, l'harmonie plus ou moins chantante de la parole intérieure. Elle résonne à vos oreilles, elle vous dicte vos expressions, elle guide presque votre main : c'est l'âme de la phrase française, c'est quelque chose de l'âme française qui vit et palpite en vous, pour éveiller dans d'autres âmes l'écho de la même harmonie.

Actuellement, je mentirais si j'avançais qu'en général nous l'entendons dans vos phrases ! En revanche, que de surprises, d'une nature bien différente, attendent au coin de chaque page vos infortunés lecteurs ! Ces phrases non seulement n'ont pas d'âme, mais elles n'ont même pas de corps ! Non seulement, elles manquent de vie, mais elles ne sont même pas organisées : elles sont tout à fait disloquées. Ce n'est pas que vous ne rattachiez les uns aux autres leurs membres épars, à grand renfort de conjonctions : vous jetez à profusion les et, les qui et les que... Vains efforts ! Loin de maintenir la phrase, toute cette charpente extérieure l'écrase! Contemplez, par exemple, étalée sur le sol comme un aéroplane trop lourd, cette phrase compliquée de M. :

Certes, j'aime, comme vous, la nature, la simplicité, et la franchise, qualités qui éclatent partout dans YOtre pièce, et qui parlent par la bouche de ce bon père de famille outré de la manière d'agir de ses filles, et même par le gros bon sens de ccllo brave servante qui appelle le Grand Gyrus le Grand Cyre...

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Et ce n'est pas fini !

Nous saisissons ici le défaut le plus fréquent des élèves : vous ne savez pas vous arrêter sur une idée, l'expliquer, lui donner toute sa valeur ; vous passez trop vite à la suivante... Ne craignez pas, au contraire, de respirer, de mettre des ; , des : . Si les divers membres de la phrase sont bien équilibrés, s'ils occupent exactement la place qui leur convient, nous passerons naturellement de l'un à l'autre, sans l'aide de la moindre conjonction. Ici, comme en escrime, couper, c'est dégager !

Essayons de couper ainsi votre phrase :

Certes, j'aime, comme vous, la nature, la simplicité, la franchise :

Deux points ! Nous venons d'exprimer l'idée générale : reposons-nous avant d'entrer dans l'examen des détails. — Je continue :

on les trouve partout, Monsieur, dans votre pièce ;

Point et virgule. Reposons-nous encore... Où les trouvet-on ?

on les reconnaît dans le langage de ce bon père de famille,

Virgule, simplement, mais placée de telle manière que nous puissions nous arrêter.

dans sa colère naïve et ses malédictions plaisantes, dans sa haine des petits vers, des madrigaux et des romans, et de toutes les billevesées qui troublent les jeunes cervelles ;

Point et virgule.

on les reconnaît dans le gros bon sens de cette brave .servante qui n'entend pas le latin, appelle le Grand Gyrus le Grand Cyre, et n'y a jamais appris la filofie ;

Point et virgule — et long arrêt, on les reconnaît enfin...

Vous voyez que, tout en allégeant, j'allonge. Je supprime les conjonctions inutiles, mais j'ajoute les détails né-

PRÉCIEUX d'aUJOUUd'hUI, PRECIEUX d'aUTREFOIS IO&

cessaires pour que chaque idée soit bien expliquée. Peu importe que les différentes parties soient plus longues, du moment qu'elles se font équilibre, et que, par des coupures bien placées, vous ménagez entre elles un repos suffisant. Étudiez dans les auteurs, dans les orateurs surtout, les périodes un peu amples : vous verrez qu'eUes se décomposent toujours en plusieurs membres de valeur à peu près égale et séparés par des silences. Toute langue est une musique; elle obéit aux mêmes lois que toute espèce d'harmonie : elle vit de mesure et d'équilibre.

J'avais préparé d'autres exemples. J'avais aussi des documents précieux sur l'emploi des termes, notamment sur les mots « épurer », a épuration », devenus si vulgaires aujourd'hui, parce que l'usage fréquent de ces mots, dans des occasions très peu littéraires, en a fait oublier l'étymologie. « Épurer la langue »! C'est donc une opération de police, de vidange, ou de literie ? Et le mot« essence » ! L' <c essence » de la comédie ! Jargon d'automobiliste. Et « langage » écrit à l'anglaise ! Language de globe-trotter. Et les barbarismes ! « ruellistes », « sanité d'esprit », « dévulgarisation » ! — Vous prétendez pourtant (quelques-uns du moins) avoir beaucoup de « cachet »... Combien j'aimerais mieux un peu de goût, du plus modeste, du plus simple l

Le dialogue et la dissertation.

Plusieurs élèves. — Et le dialogue ? Et la dissertation ?

— C'est juste. Je les oubliais. Les minorités ont toujours tort ; il faudrait au moins leur accorder une représentation proportionnelle. Donnons-leur donc dix minutes. Aussi bien, je ne puis que répéter au sujet du dialogue et de la dissertation ce que nous avons dit sur la lettre, ce que nous redirons toute Tannée : « De la grâce, du goût, de la vivacité, avant tout ! Peu de science ! Et aucune, aucune érudition ! » — Ces conseils ne sont pas à la mode, je le sais. Mais on ne s'occupe pas de la mode du jour, lorsqu'on se met, comme de B. dans son dialogue, à la mode d'il y a deux cents ans ; et l'on s'en moque plus en-

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corc, lorsqu'on a l'esprit persifleur de cet excellent C. <lans sa dissertation.

De B. nous transporte chez sa grand'rnère à Paris, place des Vosges :

Tous les dimanches soirs, raconte~t-il, je vais dîner chez grand'mtre. Ah, les bonnes soirées I Je m'en souviendrai toute ma vie. Que d'heures agréables j'aurai passées dans sa vieille maison de la place des Vosges, de l'ancienne place Royale 1 J'arrive vers sept heures du soir. Après l'animation du quartier du Marais, dont les rues étroites, commerçantes, sont sillonnées d'innombrables voitures, j'aime le calme de cette place qu'entourent de vénérables hôtels ; j'aime leurs façades en briques rouges, leurs toits à la haute silhouette, percés d'éléjTantes lucarnes, leurs cheminées hardies qui se découpent alors sur le ciel étoile. Je me retrouve au temps d'Henri IV et de Louis XIIF, à l'époque des beaux mousquetaires et de la grande Mademoiselle ; fe crois entrer chez la grand'mère de M™* de Sévigné, dont ce fut le propre logis...

— Qu'est-ce que vous dites à votre voisin, L. ?

— Rien, Monsieur.

— C'est vrai, mais vous alliez lui dire quelque chose, si je ne vous avais pas regardé... Et votre confidence serait, j'en suis convaincu, très intéressante pour la classe. Faitesnous part de vos réflexions !

— Je me demandais si vraiment de B. avait trouvé tout seul les briques, les cheminées, les beaux mousquetaires «et...

— N'achevez pas !

Habes reum conjilentem !

J'ai, en effet, un peu complété la copie, et j'attendais cette objection. Voici le texte authentique, tel qu'il avait été d'abord rédigé par votre camarade :

Tous les dimanches soirs, je vais dîner chez grand'mère. Ah, les bonnes soirées 1 Je m'en souviendrai toute ma vie. Que de soirées agréables j'aurai passées dans la vieille maison de la place des Vosges, de l'ancienne place Royale 1 Quand on y arrive vers sept heures du soir, quand on sort de l'animation du quartier du Marais, dont les Tucs étroites sont sillonnées d'innombrables voitures, on est étonne du

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calme de cette place entourée de grands hôtels, dont les toils en pente sont couronnés de silhouettes de cheminées qui se découpent bizarrement sur le ciel étoile.

Vous apercevez les défauts de la rédaction primitive: un terme inutilement répété à une ligne de distance (soirées); une cascade de conjonctions et de relatifs dépendant les uns des autres (quand... dont... dont... qui); une cascade non moins lourde de prépositions (de. . . da. ..du... de... de...) Vous y reconnaissez tous votre manière habituelle. Vous accumulez en une phrase des idées qui en comportent plusieurs; de sorte que la phrase est surchargée sans que les idées puissent être suffisamment expliquées... Coupez donc, coupez, dégagez! Mettez des virgules, des points et virgules, des points; expliquez-vous à loisir et sans hâte; et tout ira pour le mieux.

Je dois ajouter, du reste, qu'une fois la mise en train effectuée, de B. n"a plus bronché pendant une page entière- Voyez sa copie : il n'y a pas une rature... Si ! une seule : j'y ai mis vaste escalier au lieu de grand escalier, à cause du voisinage de grand'mère. Lisez vous-même, de B.

— L'impression ressentie aii dehors persiste à l'intérieur de l'hôtel de grand'mère. Le vaste escalier à rampe de fer forgé, les hautes portes, les grandes cheminées où l'on ne fait jamais que du feu de bois, tout me laisse croire que je suis dans une demeure de l'ancien temps. Grand'mère, elle aussi, a la physionomie d'un autre siècle. Quoiqu'un peu voûtée, elle est encore alerte et vive. Avec ses cheveux blancs en tire-bouchons...

— Hum ! Il n'y a plus guère de grand'mère à tire-bouchons, en l'an de grâce 1910. Les plus âgées portent des bandeaux. Enfin, admettons que ce soit la dernière.

— Avec ses cheveux blancs en tire-bouchons, elle ressemble à une marquise poudrée, à une marquise d'autrefois. Comme je l'aime bien, ma « bonne maman » ! Comme je suis heureux chez elle! Même lorsque je me dispute avec elle (ô quelles disputes 1) il m'est doux de l'entendre me contredire de sa voix caressante. Cela nous arrive souvent. Nous avons de grandes discussions. L'autre jour, par exemple, nous nous sommes querellés, pendant presque tout le dîner, au sujet

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des « Précieuses». — Ce soir-là, je prononçai devant elle un mot qui lui déplut. C'est que j'ai l'habitude d'appeler les choses par leur nom, et je n'aime pas les manières. Aussi, lorsqu'elle me le reprocha, je lui répondis assez vivement : « Enfin, grand'mère, je ne voudrais pourtant pas parler comme ces pecques provinciales du xvii® siècle dont j'étudie en ce moment, au lycée, le langage ridicule I » — Devant mon indignation, grand'mère sourit doucement : « Je suis très ignorante, me déclara- t-elle avec une feinte innocence; raconte-moi donc ce que tu sais là-dessus. » Enchanté de faire admirer mon savoir, je commençai aussitôt...

— Ici, malheureusement, le ton cesse d'être aussi simple. Le petit-fils entame un cours d'histoire littéraire ; la grand' mère lui riposte par un autre cours d'histoire littéraire. Tout cela sent la classe, le professeur, le manuel ; nous y reconnaissons le genre ennuyeux dans toute sa platitude... Passons vite au dernier sujet.

C, lui, a horreur du genre ennuyeux. Mais*il tombe un peu dans un autre excès. Il manque de tenue! Il n'est pas assez « précieux », et son genre est le «genre lâché ». Aussi n'oserai-je, ayant affaire à des oreilles délicates, vous soumettre in extenso ses réflexions plus sincères que distinguées.

Qu'il vous suffise de savoir que votre camarade nous présente la dissertation : « Quel est le sens du mot précieux? y* sous la forme de trois scènes, de trois tableaux, de trois tableaux presque vivants, qui cherchent tout au moins à l'être, et où l'intention de l'auteur apparaît naïve mais touchante. 11 imite le procédé de Sarcey, dans le Mot et la Choses celui qui permet de définir le sens des termes sans avoir la sécheresse et la froideur d'un grammairien. La définition, ainsi entendue, devient une description ; l'étude grammaticale est presque une peinture. Ainsi, lorsque Sarcey veut nous expliquer le sens du mot domestique, il imagine une scène dégrève, où valets de chambre, cuisinières, tous les gens de maison réunis rappellent les sens fâcheux du mot: ils veulent être des « oflicieux ». Mais un patron, fourvoyé là par mégarde, ou par malice, plaide la cause du vieux mot français. Vous entendez d'ici son discours.

PRÉCIEUX D AUJOURD HUI, PRÉCIEUX D AUTREFOIS lOQ

De même pour le mot bourgeois, prétexte à une série de confidences faites successivement par un cocher, un gentilhomme de campagne, un ouvrier, deux journalistes, d'autres encore... De même encore pour les mots caprice et toquade, qui deviennent l'un une marquise Pompadour et l'autre une fleur de trottoir! — G. a bien lu Sarcey. Il suffit parfois d'un livre original pour vous mettre sur la voie. C. est tout à fait sur la voie.

Voici d'abord une scène de baccalauréat, un dialogue entre un examinateur chauve à lunettes (le type classique ; ce qui ne veut pas dire le type ordinaire) et un candidat, G. lui-même, dont les lumières sont quelquefois vacillantes. C. prétend qu'il a... bredouillé. Il emploie même un mot plus fort, mais que vous devez proscrire, même dans le genre le plus familier. Là est l'écueil, dans ces sujets: les collégiens ne savent pas toujours montrer le tact nécessaire... Quoi qu'il en soit, après mainte hésitation, plus ou moins aidé, encouragé, suggestionné, il arrivée définir historiquement le mot «précieux ».

Quelques jours après, votre camarade est au Théâtre Français, où il goûte le plaisir de ne plus pensera l'histoire du mot « précieux ». Mais le mot « précieux » n'est pas mort, le mot « précieux » vit toujours ; il poursuit l'exandidat jusqu'au foyer, où il fait connaissance avec le Touti^aris, le Tout-Paris du mois de juillet ! Et voilà que pendant le premier entr'acte, tandis qu'il est en train (s'il vous plaît !) de suivre les bouffées de la fumée bleue qui « montent lentement, dit-il, de sa cigarette au plafond »... « Décidément, non, je ne veux pas ! G'est une Précieuse ! » entend-il, derrière son dos, prononcer d'une voix un peu sèche par une grosse dame d'âge presque mûr. « Maurice aime les jeunes filles simples; il est inutile qu'il la voie. » — ffMais cependant, chère Madame, reprenait un monsieur très digne, officier de la Légion d'honneur, on pourrait peut-être tenter l'épreuve ; ce qui vous paraît, à vous, précieux, semblera peut-être très spirituel à notre jeune hussard... » — « Spirituelles, ces fadaises?... » — Et la bonne dame critiquait la toilette.

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les manières, le langage, les minauderies d'une de nos meilleures Cathos. « Précieux », aujourd'hui encore, mot sévère, terme malveillant, qui peut faire manquer un mariage !

Ce n'est pas tout. La semaine suivante, G. se trouve à la campagne, chez un ami de sa famille, un gentilhomme campagnard, très fin dans sa simplicité. G., encouragé par la bonté de son hôte, prend des libertés de langage. Il déclare un beau soir qu'il a bien « rigolé », que le tennis est, quoi qu'on en dise, un jeu « épatant », et qu'il n'est « dégoté » que par le foot-ball... Et son vieil ami lui fait observer que, sans être un « Précieux », on peut éviter d'être un homme vulgaire ; qu'il y avait, en somme, beaucoup de vertus chez ces Précieux tant décriés, que... que..., et jadis... et aujourd'hui. Bref, vous devinez sans peine comment un homme distingué exprime^ en 1910 les idées que nous avons mises dans la bouche du bourgeois de Paris en 1669. « Précieux », aujourd'hui comme jadis, mot élégant, terme flatteur, qui fait comprendre bien des nuances !

Ainsi l'on évite, même sur un sujet austère, de paraître trop pédant. Ainsi l'on apprend à parler de tout, fût-ce de grammaire, dans le langage des honnêtes gens.

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