Grâce à elles
Combien nous devons savoir gré à l'aimable Florentine, qui nous apporta pour la seconde fois un reflet du ciel d'Italie, qui nous ramena d'un sourire aux temps heureux de la Renaissance, et fit de son hôtel l'asile de la politesse, le rendez-vous des hommes que choquait l'ignorance, des femmes que blessait l'irrévérence grossière 1 — Quelle indulgence n'auriez-vous pas pour leurs galanteries innocentes qui satisfaisaient le cœur sans manquer aux bienséances, si vous aviez connu les mœurs qu'elles ont heureusement remplacées I — Comme vous apprécieriez la grâce de leurs vers, la fines.«e de leurs sonnets, l'élégance de leurs madrigaux, si vous aviez lu los œuvres qu'elles ont fait oublier I — Comme vous excuseriez leur recherche excessive de la pureté, de l'harmonie, si vous aviez eu à souffrir des expressions maladroites, de l'orthographe compliquée, des mots pédants en us et des lourds latinismes dont elles nous ont délivrés 1 — Et, sans doute, il y avait dans cette recherche même, dans ce goût de la distinction, de la rareté, de la finesse, le germe des défauts et des ridicules dont nous rions aujourd'hui : quelle qualité. Monsieur, ne devient un travers en s'exagérant ? Quel principe n'est exposé à périr de sa victoire même, après avoir triomphé ? Mais quels services, alors, n'a pas rendus ce désir de s'élever au-dessus du vulgaire, de s'en distinguer par la noblesse des manières, la délicatesse des sentiments et l'élégance du langage! Eux aussi, comme le héros de Corneille, les Précieux pourraient vous dire, à vous le triomphateur du jour, à vous qui représentez l'esprit d'un nouveau règne et d'une époque nouvelle;
Vous êtes aujourd'hui ce qu'autrefcMS je fus 1 Conclusion.
Ils furent les défenseurs de l'art et de la beauté méconnue, ils soutinrent à leur manière la nature et la vérité, les parties les plus nobles delà nature, les formes les plus gracieuses de la vérité... Rappelez d'un mot ce passé. Inclinez-vous devant les loges qu'occupaient,