‹ De la méthode littéraireChapitre 120 sur 424 · SUJET DE COMMENTAIRE ÉCRIT PROPOSÉ PAR LA FACULTÉ DE LILLE · texte numérisé non relu

SUJET DE COMMENTAIRE ÉCRIT PROPOSÉ PAR LA FACULTÉ DE LILLE

La mort et le BUCHERON.

Un pauvre bûcheron, tout couvert de ramée, Sous le faix du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé, marchait à pas pesants Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée. Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur, Il met bas son fagot, il songe à son malheur. Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ? En est-il un plus pauvre en la machine ronde ? Point de pain quelquefois, et jamais de repos : Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,

Le créancier et la corvée Lui font d'un malheureux la peinture achevée. Il appelle la Mort. Elle vient sans tarder, Lui demande ce qu'il faut faire.

« C'est, dit-il, afin de m'aider l5

A. recharger ce bois ; tu ne tarderas guère. »

La Fontaine, I, i6.

Étudier cette fable, en la comparant au sec et prosaïque apologue de Boileau que voici :

Le dos chargé de bois, et le corps tout en eau, Un pauvre bûcheron, dans l'extrême vieillesse. Marchait en haletant de peine et de détresse.

2o6 l'esprit classique au xyii*^ siècle

Enfin, las de souffrir, jetant là son fardeau. Plutôt que de s'en voir accablé de nouveau, Il souhaite la Mort, et cent fois il l'appelle. La Mort vient à la fin : « Que veux-tu ? cria-t-elle... — Qui, moi ? dit-il alors, prompt à se corriger. Que tu m'aides à me charger. »

{Poésies diverses, pièce a8.)

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