‹ De la méthode littéraireChapitre 123 sur 424 · C. — Ce quon devine · texte numérisé non relu

C. — Ce quon devine

le logis de I infoi-tinié hùchei'on ;

— petitesse et délabrement de celte demeure : « chaumine » ;

— sa couleur: « enfumée».

1. L'absence d'images dans Boileau et le triomphe de l'abstraction (v. i-3).

— Le fagot (image juste) devient le bois (terme faux, qui s'appliquerait tout au plus à une pile de bûches, sur le dos d un Auvergnat).

— Le poids des ans (concret) devient la vieillesse (abstrait).

— Le gémissement (image touchante) devient le halètement (image disgracieuse, uniquement physique, et plus désagréable qu'émouvante).

— La chaumine est remplacée par la peine et la détresse. Au lieu dun tableau, deux termes vagues.

Boileau n'ajoute qu'une image, plus malheureuse encore que le halètement. II nous apprend que cet homme a le corps tout en eau... Passons vite !

IL — La préparation, ou l'analyse des sentiments. I. Boileau (v. 4-ô).

II résume tout en deux vers.

Les deux idées si importantes, la fatigue et la souffrance, sont indiquées par deux expressions sèches : « las de souffrir » — et «jetant là son fardeau», alors qu'il faudrait les analyser en détail, rappeler les souffrances du malheureux, souffrances [)hy>i((ues, souffrances morales, qui nous prépareraient à comprendre le dénouement.

Encore le second vers n'est-il qu'une longue cheville ; insignifiant et lourd, il ne sert qu'à préparer une rime médiocre à « fardeau »:

l'iulùl que lie s'en voir accablr cIo nouvi-au ! Be/.vri>. — Mélh. 14

2IO L ESPRIT CLASSIQUE AU XVII* SIECLE

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