‹ De la méthode littéraireChapitre 124 sur 424 · La Fontaine · texte numérisé non relu

La Fontaine

Délicatesse et précision de l'analyse :

— la souffrance physique :

l'eflbrt — la douleur — la lassitude.

— la souffrance morale ; un regard sur sa triste exis-

tence :

la pauvreté — la misère.

Différence entre la pauvreté et la misère. Causes de la misère .pour le paysan de l'Ancien Régime.

Ici intervient un nouvel artifice : un changement dans le rythme. A lénumération lente succède l'énumération rapide, à la réflexion l'obsession ;

Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts, Le créancier et la corvée...

jusqu à ce qu un grand vers aux coupes très peu sensibles achève comme un long soupir cette plainte du misérable :

Lui font d'un malheureux la peinture achevée I

Achevée, en effet! Il n'y manque rien. Chez Boileau, elle n'était même pas ébauchée.

III. — Le dénouement, ou la rencontre entre le Bûcheron et la Mort.

Le dénouement est de même longueur chez les deux poètes. Mais là s'arrête la ressemblance.

Boileau, qui a négligé de nous y préparer, ne voit pas plus ici qu'au début les détails à choisir. II dit ce qu'il ne faut pas dire ; il néglige ce qu'il faudrait montrer.

Que devons-nous voir, en effet ? Les deux personnages en présence. La Fontaine l'a bien compris. Quatre mots lui suffisent pour appeler la Mort, tandis que Boileau y emploie un vers et demi... Elle vient, elle parle, et elle parle pour dire quelque chose, elle demande « ce qu'il faut faire! » — Quant au bûcheron, il change brusquement de résolution... En présence de la Mort, il recule d'instinct,

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