II. — Pourtant, ils ne doivent pas être nos maîtres
i) pour les résultats :
Nous sommes en état de trouver des résultats plus complets qu'euxmêmes :
— grâce à Vaide qu'ils nous ont procurée (comparaison de Pascal : nous sommes la vieillesse de l'humanité) ;
— grâce à Voutillaije matériel qu'ils ne possédaient pas et dont nous avons hérité ;
— grâce à l'outillage intellectuel, aux méthodes qu'ils ont passé leur temps à découvrir et que nous appliquons à de nouveaux objets.
a) pour les méthodes elles-mêmes :
La science qui s'arrête est condamnée à mort. L'esprit doit travailler et inventer sans cesse, sous peine de reculer,
a) Les méfaits de Vesprit d'autorité et l'engourdissement moral.
— Le culte d'Aristote au moyen âge : Magister dixil — Cremonini refusant de regarder dans la lunette de Galilée les satellites de Jupiter, pour ne pas découvrir le contraire de ce qu'avait dit Aristote.
6) Il est d'autant plus nécessaire de secouer cette paresse d'esprit que nous serions tentés de vivre sur le passé. — S'inspirer des paroles si justes prononcées (p. 5) par un père de famille — l'esprit d'initiative et la faculté d'invention chez les élèves.
Conclusion,
L'esprit d'invention nous est indispensable, rien que pour nous assimiler les méthodes de nos devanciers. Même à des élèves dociles, la mémoire ne suffit pas, le jugement est nécessaire. Il faut que chacun de nous refasse en quelques années le chemin que l'humanité a mis des siècles à parcourir; et il a besoin, pour y marcher à son tour, d'avoir la même ardeur, la même indépendance que s'il se le frayait par ses propres forces. Les anciens sont ses guides et non ses maîtres ; il reste l'ouvrier de sa propre science.