‹ De la méthode littéraireChapitre 212 sur 424 · Première partie du Discours préliminaire (éd. Picavet, p. i · texte numérisé non relu

Première partie du Discours préliminaire (éd. Picavet, p. i

Elle est toute théorique ; on y trouve, avec une définition de la science, la classification des sciences suivant les principes de la philosophie sensualiste(Condillac)... Ce système, comme tout système, ne fut pas longtemps à la mode. Il est justement oublié.

Il n'en était pas moins, sous une forme originale et hardie, une philosophie des sciences, et cette philosophie prétendait expliquer à elle seule la nature et Ihomine, l'uni-

vers et la société. Elle apparaissait comme une redoutable machine de guerre contre la religion.

Elle attaquait beaucoup moins directement la royauté. Elle ne blessait guère que l'autel. Les encyclopédistes sont partisans du despotisme libéral et ne tiennent pas à ébranler le trône.

Mais il y avait un lien étroit entre la religion et la royauté, et qui attaquait l'une menaçait l'autre fatalement. Diderot a bien vu, dans sa Lettre à la princesse Dashkoff (1771), combien étaient devenus solidaires l'un de l'autre le dogme catholique et l'institution monarchique :

Le câble qui tient et comprime l'humanité est forme de deux cordes : l'une ne peut céder sans que l'autre vienne à se rompre.

(^Extraits, éd. Fallex, p. 338, — ou Société française au xyiii^ siècle, p. 33 1.)

Extrait curieux du réquisitoire d'Omer Joly de Fleury, avocat général, en 17^7 :

La société, l'Etat et la religion se présentent aujourd'hui au tribunal de la religion pour y porter leurs plaintes. C'est avec douleur que nous sommes contraints de le dire, on ne peut se dissimuler qu'il n'y ait un projet conçu, une société formée pour soutenir le matérialisme, pour détruire la religion, pour inspirer l'indépendance et nourrir la corruption des mœurs.

Les deux textes se confirment l'un l'autre.

5*" Note : Textes assez étendus, mais si importants qu'il est utile d'en copier les passages les plus essentiels :

Note de l'élève Saint-M. légèrement élaguée.

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