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Deuxième partie du Discours préliminaire (éd. Picavet, p

Elle est toute pratique ; on y trouve, exposées en détail, les applications industrielles de la science, la description des arts et des métiers. C'est cette partie qui a fait le succès de l'entreprise. La plupart des souscripteurs voii-

CE qu'il faut savoir sur UEXCyai.OPhlJ/E 3(J9

laient connaître les progrès de l'industrie ; les conséquences matérielles de la révolution opérée par la science les frappaient beaucoup plus que les conséquences morales et politiques. Aussi est-ce sur ce point que Diderot avait insisté dans le prospectus, montrant sa conscience extrême dans celte partie si importante de sa lAche, et laissant prévoir les services qu il rendrait à tous les lecteurs. — D'Alembert a conservé dans son Discours préliminaire ces pages excellentes (Picavet, p. ilil\) :

Tout nous déterminait à recourir aux ouvriers. On s'est adressé aux plus habiles de Paris et du rovaume : on s'est donné la peine d'aller dans leurs ateliers, de les interroger, d'écrire sous leur dictée, de développer leurs pensées, d'en tirer les termes propres à leur profession, d'en dresser des tables et de les définir, de converser avec eux...

Noter le caractère démocratique du talent de Diderot. Il connaît, il aime le bon ouvrier. Il n'oublie pas son père, l'honnête et habile coutelier de Langres. Heureuse famille, oîi l'on estimait les professions manuelles à l'égal de toutes les autres, où le travailleur mettait sa fierté, son honneur à exceller dans son métier, où l'artisan avait, par le cœur tout au moins, par son goût, son zèle et son désir de bien faire, quelque chose de l'artiste ; il ne se déclarait content, vraiment satisfait de lui-même que lorsqu'il avait fait son travail, comme on disait alors, « de main d'ouvrier ».

Aussi bien, Diderot ne craignait pas de « mettre la main à l'œuvre » :

Il est des métiers si singuliers qu'à moins de travailler soi-même, de mouvoir une machine de ses propres mains et de voir l'ouvrage se former sous ses propres yeux, il est difficile d'en parler avec précision. Il a donc fallu plusieurs fois se procurer les machines, les construire, mettre la main à l'œuvre ; se rendre, pour ainsi dire, apprenti.. .

C'est ainsi que nous nous sommes convaincus de l'ignorance dans laquelle on est sur la plupart des objets de la vie, et de la difficulté de sortir de cette ignorance.

La liste seule des gravures relatives à ce genre d'articles montre le soin apporté par l'auteur à sa tâche. — Numéros Ue/aku. — Mélli. 'j.L\

Syo PRor.nès de lk raisom dans la. société

extraits des i43 articles sous lesquels le catalogue de la librairie Dorbon rangeait, l'an dernier, ces i ^43 planches in-folio (aucun métier nest omis) :

Aiguiller. (3 planches.) Artloisiers de la Meuse et de

l'Anjou. (i2 pi.) Argenteur. (7 pi.) Bas [faiseur de métier à bas, et faiseur de bas au métier]. (11 pi.) n» i4 : Batteur d'or, (a pi.)

Blanc de baleine, (i pi.) Bouchonnier. (i pi.) Boutonnier. (6 pi.) Chamoiseur et mégissier. (5 pi.) n" 34 : Charron. (8 pi.) n" ko : Ciseleur et damasquineur. (2 pi.) Cloutier- grossier (2 pi.), cloutier d'épingles (î pi.).

Coffretier, malletier, bahutier. (3 pi.) n» 49 : Dentelle. (3 pi.) n» 57 : Éniailleur à la lampe. (5 pi.)

n» 19 ; n" aa :

n» 58 : Épinglier. (3 pi.)

n» G8 : Fonte de la dragée et du

plomb à giboyer. (i pi.) n» 64: Fleuriste artiticiel; à côté du n° 65 : Fonderie du canon, n" 74 ; Fromages d'Auvergne (2

pi.), — de Gruyère (a pi.), n» 75 ; Gainier. (6 pi.) n» 76 : Gantier. (5 pi.) n" 83 : Horlogerie. (64 pi.) n» 88: Lutherie. (34 pi.) n» 95 : Menuisier en bâtiment (38

pi.), — en meubles (ao

pi.), — en voitures (3o

pi.), n» io4 : Noir de fumée, (i pi.) n" 116: Piqueur de tabatières. (2

n» 124 : Serrurier, (b-j pi.) n° 125 ; Soierie. (i35 pi.) n" i35: Théâtres (38 pi.), machines de théâtre (49 pi-)'

On est peut-être surpris de ne trouver que 2 planches au n° 47, consacré au coutelier! Diderot ne se laissait pas guider ici par le sentiment ; il n'a qu'un but : renseigner le public, de la manière la plus exacte et suivant l'importance de chaque profession, sur lintelligence, l'ingéniosité, le talent des ouvriers... Cette simple liste en dit long sur sa conscience et son honnêteté; elle explique le nombre de ses souscripteurs.

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