I. — De là vient d'abord sa popularité
A. — L'autorité du caractère :
La foule suit d'instinct ceux qui lui parlent avec assurance. Elle rit de la police, mais elle « obtempère « !
B. — La force de la raison :
Thèse de Boileau : l'art soumis à la raison :
i) dans l'invention :
Principe : l'imitation de la nature.
— le précepte (vers sur la raison et la nature).
— excès apparent (le naturalisme : III, i-8).
— limites (la perfection de l'art).
2) dans la disposition :
Principe : l'ordre et la clarté.
— l'art de la composition.
— fautes commises sur ce point par les mauvais auteurs.
4o6 LE ROMANTISME ET LA RÉVOLUTION
3) dans l'élocution :
Principe : la simplicité du style.
Défauts à éviter : les différentes sortes de mauvais goût, du
précieux au burlesque.
Les qualités d'un style simple :
— la véritable imagination : l'art de créer des images neuves.
— la véritable sensibilité : l'art de toucher et d'émouvoir.
II — De là viennent aussi ses défauts.
A. — Les excès de l'autorité :
Il manque de grâce et de liberté.
Deux fables de La Fontaine refaites par Boileau I
B. — La tyrannie de la raison :
Son goût est étroit. Il juge d'après un modèle unique. Il n'admet ni le changement ni la variété.
a) Il soumet les genres qu'il aime à des règles trop strictes : Le drame, et les excessives exigences des trois unités.
6) Il exclut ou déforme ceux qu'il comprend mal, ceux où le sentiment l'emporte sur la raison, c'est-à-dire :
— ceux des époques naïves : — l'épopée — les mystères du moyen âge.
— le lyrisme de tous les temps — la fantaisie individuelle — n n'est pas question, dans l'Art poétique, de la fable de La Fontaine.
Conclusion.
L'art classique n'échappe pas à la loi fatale de la vie. Il périt par l'exagération même du principe sur lequel il s'appuie.