‹ De la méthode littéraireChapitre 229 sur 424 · I. — De là vient d'abord sa popularité · texte numérisé non relu

I. — De là vient d'abord sa popularité

A. — L'autorité du caractère :

La foule suit d'instinct ceux qui lui parlent avec assurance. Elle rit de la police, mais elle « obtempère « !

B. — La force de la raison :

Thèse de Boileau : l'art soumis à la raison :

i) dans l'invention :

Principe : l'imitation de la nature.

— le précepte (vers sur la raison et la nature).

— excès apparent (le naturalisme : III, i-8).

— limites (la perfection de l'art).

2) dans la disposition :

Principe : l'ordre et la clarté.

— l'art de la composition.

— fautes commises sur ce point par les mauvais auteurs.

4o6 LE ROMANTISME ET LA RÉVOLUTION

3) dans l'élocution :

Principe : la simplicité du style.

Défauts à éviter : les différentes sortes de mauvais goût, du

précieux au burlesque.

Les qualités d'un style simple :

— la véritable imagination : l'art de créer des images neuves.

— la véritable sensibilité : l'art de toucher et d'émouvoir.

II — De là viennent aussi ses défauts.

A. — Les excès de l'autorité :

Il manque de grâce et de liberté.

Deux fables de La Fontaine refaites par Boileau I

B. — La tyrannie de la raison :

Son goût est étroit. Il juge d'après un modèle unique. Il n'admet ni le changement ni la variété.

a) Il soumet les genres qu'il aime à des règles trop strictes : Le drame, et les excessives exigences des trois unités.

6) Il exclut ou déforme ceux qu'il comprend mal, ceux où le sentiment l'emporte sur la raison, c'est-à-dire :

— ceux des époques naïves : — l'épopée — les mystères du moyen âge.

— le lyrisme de tous les temps — la fantaisie individuelle — n n'est pas question, dans l'Art poétique, de la fable de La Fontaine.

Conclusion.

L'art classique n'échappe pas à la loi fatale de la vie. Il périt par l'exagération même du principe sur lequel il s'appuie.

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