Les qualités qui résultent d'une bonne composition
A partir d'ici, l'élève se déclare incapable de découvrir l'ordre qu'a voulu suivre Buffon. Et de fait, l'auteur n'a pas laissé voir pourquoi telle pensée venait après telle autre. Nous trouvons successivement une nouvelle définition du style, plus complète que la première ; une définition du ton ; une définition générale de l'art classique (celle que Brunetière reprendra dans sa théorie du lieu commun) ; et le Discours finit par une définition du sublime.
Encore la théorie de Buffon n'est-elle pas complète. Le mouvement, tel qu'il le définit, se réduit à peu pi'ès à lart
d'enchaîner les idées ; quoique Ruffon n'en écarte pas r a énrjotion » ni la « chaleur », il seiiihle bien que le mouvement résulte surtout de l'ordre. Pourvu que les idées soient bien liées, pourvu qu'elles se succèdent avec rapidité, le discours lui paraît assez éloquent; le sentiment, l'imagination, les qualités poétiques d'un Jean-Jacques ou d'un Bossuet ne lui semblent gucre supérieurs à ces dons naturels qu'il a traités, au début, d'une manière si dédaigneuse ; il en dirait volontiers : « C'est le corps qui parle au corps! »... Il oublie que la raison se suffit rarement à elle-même ; une forte émotion donne plus d'unité au discours que le simple raisonnement; les idées s'ordonnent d'autant mieux que l'imagination est plus vivement frappée ; et toujours, plus que les règles d'une savante rhétorique, c'est le cœur qui donne l'éloquence.