I. Le devoir du soldat: il appartient aa roi
\. — // est militaire, et attaché par son honneur de gentilhomme à la personne de son suzerain. Tant que le roi est à Paris, il doit rester sur le sol français.
B. — II est confirmé dans sa résolution par la vue dti danger que fait courir à Louis XVI la conduite des officiers émifjrés :
a) par leur influence sur les étrangers.
La coterie de Goblnntz pousse à la guerre. Or la guerre serait la fin de la royauté et peut-être la mort du roi. Violence des passions qui suivraient un pareil événement ; la panique à Paris, dès la première défaite ; les mesures extrêmes justifiées en apparence par l'intérêt public et le salut de la patrie... La paix est nécessaire.
6) par leur influence indirecte sur la politique intérieure.
Embarras causé au roi par les décrets que l'Assemblée prépare contre l'émigration. Si Louis XVI oppose son veto, comme il en a l'intention, la colère publique sera sans bornes...
Conclusion : Le devoir des nobles est de rester en France, ou d'y revenir, au péril de leur vie,
— pour ôter tout prétexte aux ennemis du roi ;
— pour fortifier le parti constitutionnel.
a. Le devoir du citoyen : il appartient à la patrie.
Il avoue même que d'autres devoirs le retiennent, et que, si la personne du roi venait à disparaître, il n'en garderait pas moins sa place dans l'armée française. Il serait fidèle à la nation, après l'avoir été à son chef.
A. — Ses devoirs envers la nation survivraient à ses devoirs envers la royauté.
Certes, il a une reconnaissance profonde pour la dvnastie qui a fait la France — L'œuvre des Capétiens à travers les siècles...
Mais il préfère encore la France elle-même ; et le jour où il lui faudrait choisir, c'est avec son pays et ses concitoyens qu'il resterait, contre le roi lui-même ramené dans les fourgons de l'étranger.
B. — De plus, les principes sur lesquels s'appuie la nation doivent prévaloir, en cas de conflit, sur ceux de l'ancienne monarchie.
... Vous ne voyez, mon cher comte, que les excès et les violences écœurantes de la populace. Votre colère, je le répète, est tout à fait
522 LE hOMANtîSME ET LA REVOLUTION
légitime ; mais je crains qu'elle ne vous empêche de voir les choses telles qu'elles sont. Elle vous fait trop vite oublier vos impressions premières et ce noble enthousiasme qui s'empara, le 4 août 1789, des trois ordres de l'Assemblée Constituante. ISon, mon cher ami, nous ne pouvons nous être trompés lorsque nous avons salué, comme l'aurore d'ime ère nouvelle, cette grande Révolution. Les nobles idées que nous proclamions alors survivront sûrement aux désordres d'un jour, et le rôle des honnêtes gens est d'en assurer coûte que coûte le triomphe définitif.