‹ De la méthode littéraireChapitre 338 sur 424 · Les réalistes · texte numérisé non relu

Les réalistes

A. — Bonaparte est im réaliste, formé par les circonstanc(!S — Il a vu la société désorganisée par le triomphe trop brusque d'idées trop générales, et il revi(ait, par une réaction excessive, à la négation de ridée : « Que me parlc-t-on de bonté, de justice abstraite, de lois naturelles ? La première loi, c'est la nécessité; la première justice, c'est le salut public... »

B. — Bonaparte sacrifie l'individu à l'État ; il est « indifférent à la vie des hommes » ; et comme l'Etat se confond pour lui avec sa personne, il fait du monde un piédestal à son égoïsme.

Cause : Une part de vérité dans son jugement : il est souvent très difficile de respecter les lois morales au milieu des difficultés de la politique — Mais part plus grande encore d'erreur, parce que, la justice étant, en somme, le premier besoin des sociétés humaines, elle ne peut pas être longtemps ni trop gravement violée — Mot de Carl)lo : « L'injustice se paie avec d'effroyables intérêts composés. »

Conclusion.

M'"* de Staël l'a emporté — La force de Bonaparte a été écrasée par celles qu'il avait trop méprisées.

Part d'illusion dans les théories généreuses de M™* de Staël — Part plus grande de vérité — sa foi dans l'idéal.

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